En avant la musique !

Les électeurs de la Ville de Genève ont donc refusé la Cité de la musique. Plus exactement, le Plan localisé de quartier, nous y reviendrons.

Les motifs de refus se sont cumulés. L'insupportable choc pour certains de gauche extrémiste qu'un mécène offre des centaines de millions. Des musiciens qui n'aiment pas la musique d'autres musiciens. Les inévitables intégristes écolos pour qui abattre des arbres est un crime. Ne leur dites jamais que là où ils habitent, certainement une fois, il y avait des arbres...ils tomberaient comme des souches. Et enfin, ceux pour qui la musique ne représente rien. Ils en ont le droit, mais ce sont de pauvres êtres.

Le résultat est là. Toutefois, cette Cité de la musique, elle doit se faire. Car ce vote était plus une consultation qu'autre chose. En effet, dans notre ordre juridique genevois, c'est le Conseil d'Etat qui décide des constructions, respectivement le Grand conseil. Ce qui peut même être attaqué par référendum. Mais ce serait les habitants de tout le canton qui décideraient. Cela ne veut pas dire que le oui l'emporterait, loin de là, mais il est parfaitement logique pour un projet de cette envergure que tout notre cher canton ait son mot à dire.

Vu l'importance des enjeux, vu le projet enfin à bout touchant, vu aussi le vote très serré, et enfin vu le caractère surtout consultatif du vote, je demande que le Conseil d'Etat passe outre, comme il l'a fait légalement pour des bâtisses ailleurs. Je sais que la sensibilité extrémiste verte y très représentée (nous avons vu les dégâts occasionnés à la circulation et sur les nerfs des Genevois), mais il reste un espoir. Et en avant la musique !

La Cité en a tant besoin.

 

Commentaires

  • Bonjour, merci pour votre analyse pertinente, j’ajouterai si je puis me le permettre qu’au vu de la convergence des non, cumul de vieux antikapitalistes moisis, de musiciens frustrés qu’une orchestre symphonique touche une subvention plus importante que leur quintet de jazz (mais ça fait tellement du bien de rayer la Ferrari du voisin, même si ça ne rend pas votre Twingo plus performante), de fétichistes arboricoles et patrimoniaux, sans compter une certaine drouâte qu’on aurait attendue un peu plus prompte à défendre le patrimoine culturel occidental, et sachant que les musiques que l’on regroupe, dans toute leur diversité, sous le simple vocable de « classique » indifférent à la majeure partie de la population, je suis presque « déçu en bien » par la faible marge du non.

    Cette marge à elle seule justifierait que le CE aille de l’avant pour interroger tout le Canton. Maintenant, aura-t-il les c*** de le faire et de prendre le risque d’un second camouflet? Je n’oserais pas prendre de pari dessus.

    Dans le fond, Genève merite-t-elle vraiment une cité de la musique, je me le demande bien après cette déconvenue… ne pourrait-on pas relancer ce projet dans une autre commune plus accueillante? Ce qui aurait au passage l’avantage de priver la Ville des retombées fiscales liées aux salaires de musiciens de l’OSR et des professeurs de la HEM, et ce ne serait que justice.

  • Bonjour et merci à vous M. Levasseur.

    Ce ne serait pas exclu de changer de commune en effet... pourquoi pas Carouge d'ailleurs. Mais le problème c'est qu'aux Nations, tout est prêt. Et que si elle ne s'y fait pas, ce seront plutôt des tours qui arriveront. Elles ne me gênent nullement en soi, mais je préfère infiniment une Cité de la musique.

    Et surtout, ce serait pour dans 15 ans.... moi je veux la voir au plus vite.

  • Cette cité n'est pas un nécessité, mais du confort. La ville n'aurait jamais d'elle-même pris l'initiative de construire ça. La milieu culturel est aussi divisé sur la nécessité.
    Genève a besoin de poumon de verdure, et visiblement, il y a dans l'idée que la ville achète la parcelle pour la détente des genevois.

    Cette cité serait bien hors de la ville. D'abord le bâtiment est raté, c'est une horreur, il faut arrêter d'enlaidir la ville, et Genève avec son plein de béton a le devoir de refroidir la ville avec des espaces verts et non surchauffer en bétonnant.
    Genève est certainement la ville qui a le moins d'espaces verts si on fait abstraction des confettis de verdure.

    Entre le vote et la préservation de Genève, ce paquebot laid de la cité devrait s'installer dans la région bourgeoise de Genève et non en ville. On verra bien si ils trouvent ce gros tas aussi joli près de chez soi.

  • @ Motus : À chacun son avis. Sans doute faites-vous partie des catégories que je décrivais.

    Par contre, j'ai bien souri en lisant "Genève a le moins d'espace verts..." Cette ville est classifiée dans les plus vertes d'Europe, il y a des arbres et de majestueux parcs partout.

  • Regrettable de ne pas rappeler l'historique du don des domaines de Varembé par Revilliod, à Genève (Ville et canton à l'époque) sous réserves que l'accès au public soit conservé (entre-temps, accès public fermé) dont (Ariana etc), dont parcelles ont été attribuées à l'ONU, dont fait partie une réserve protégée (pour laquelle l'ONU a reçu une palme du WWF) que le projet du mécennat privé Wilsdorf veut erradiquer (arbres et villa).

    Domage enfin de ne pas rappeler l'absence d'estimation des coûts engendrés devant peser sur le contribuable après construction et hors gérance en mains de la Fondation Wilmsdorf (sachant que pour ceux du Victoria Hall et du Grand Théâtre, ce sont des millions de CHF d'entretien/an, en plus de plus de 1500 salariés à payer),

    par l'inclusion éventuelle de la Haute Ecole de Musique, non prévue au départ par la Fondation (en quête de fame et de défiscalisation: leur pdt expliquant sur Leman Bleu que "les grands orchestres du monde ne veulent pas venir jouer au Victoria Hall)

    Inclusion de la Haute Ecole de Musique, seule impliquant accès public au lac, que le projet Wilmsdorf n'a inclus qu'en phase finale du dépôt.

    Domage pour nous citoyens Suisses non bi non fake, de constater que vous vous faites l'auteur d'un billet défendeur d'une fondation en quête de fame et de défiscalisation,

    auteur d'une note qui baffoue notre histoire et se place loin, très loin, du respect des volontés historiques du donateur Monsieur Revilliod des terrains concernés - utilisés et dévoyés par l'ONU et par Ville-de-Genève.

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