• Les obscurantistes de la lumière

    À Genève, nous avons des intégristes. Nous le savons maintenant, et en avons parlé à maintes reprises dans ce blog. Leurs pensées, leurs actions. Il faut en rajouter une, en déclarant que j'en fais désormais mon combat personnel.

    Après avoir dévasté une partie de la circulation routière avec la bénédiction d'un petit conseiller d'État PDC et pire, validée par ses pairs, ils nous ont répété l'ingrate expérience allégoriquement intitulée "La nuit est belle".

    Non que ce ne soit pas beau, une nuit étoilée. Cette observation extatique emplie d'interrogations, je l'ai vécue des dizaines de fois dans ma vie. Mais lorsque l'endroit, les circonstances et l'envie s'y prêtaient. Pas lorsque l'on nous l'impose, en ville ! Je me souviens de la première où, sortant du travail tard, je me frayais un chemin, rendant immensément grâce aux enseignes des lumineux commerçants qui ne les éteignirent point. Et où je vis, dans un coin de Plainpalais, une dame trébucher sur un trottoir, et tomber. L'ambiance n'était pas au beau.

    Ils nous en rajoutent une bonne dans leur argumentaire, c'est l'observation de la faune qui leur plait tant. Celle dont une immense majorité de gens n'ont strictement rien à faire. Ce sont les mêmes qui vous imposent le loup et l'ours alors qu'il a fallu tant de temps pour s'en débarrasser. En clair, les écolos urbains qui veulent ces bêtes, mais chez les autres.

    Il fallait le voir, l'un des responsables de cette fumisterie, s'exprimer sur les ondes télévisuelles. Même s'il plut ce soir-là et qu'il ne put voir aucune étoile, quel moment de bonheur il venait de vivre, seul dans le noir d'une ville !

    Bien entendu, la presse est alignée-couverte. C'est joli, les petites bêtes dormiraient une nuit dans l'année mieux que les autres, les étoiles, et sans doute les femmes pour lesquelles cette presse a tant d'estime épicène se sentiront-elles infiniment plus en sécurité dans la torpeur d'une ville noire, plutôt que dans une jolie ville éclairée.

    Mesdames et Messieurs qui ne supportez plus cela, je vous invite à réagir, à lutter. Ne laissez plus rien passer, luttez pour vos libertés. Un peu comme ces automobilistes qui n'ont bien souvent plus le choix que d'aller où les obscurs ingénieurs ont décidé, lorsque la rue est encore ouverte, et d'arriver où ils souhaitent en bifurquant où ce n'est déjà plus permis. Comme pour la circulation, nous en sommes à la légitime défense. Luttez pour la civilisation, la lumière. Aidez-moi, seul je n'y arriverai pas.

    Et à quand les Lumières à Genève ?