25/08/2013

Héros du pont du Mont-Blanc : Oui, mais tout de même...

Ainsi donc, un homme s'est jeté dans le lac, l'autre nuit, depuis le pont du Mont-Blanc et a été sauvé par deux inconnus, des héros. Voix discordante, ma voix...

Résumons rapidement. Il marchait avec un ami quand soudain il décida de se jeter dans le lac. L'alcool et les pensées noires, selon l'article. L'ami tenta de le retenir, puis un autre passant accouru pour lui prêter main forte, mais sans succès, sa détermination était grande. Il tomba dans l'eau du lac qui prend déjà, à cet endroit, la direction et le courant du fleuve qui naît.

Un autre passant arrive et, avec le premier, ils sautent à l'eau à leur tour pour tenter de le sauver. Ils se font également emporter par le courant, doivent tous trois certainement batailler ferme de longues minutes pour ne pas se noyer mais arrivent finalement à s'agripper sous les arches du pont suivant, celui des Bergues. Où ils sont tous sauvés par les secouristes arrivés entre-temps sur les lieux.

La presse relate cet évènement, c'est bien normal. Dans l'espace des commentaires qui suit l'article, encensement généralisé mais parfois, aussi, crasse de la part de certaines personnes. En effet, depuis longtemps, j'ai plus que des doutes quant à certains commentaires que l'on peut lire aux pieds des articles, cette fois je ne laisse pas passer l'occasion. Mais tout d'abord, sur l'évènement en soi.

Bien entendu, je m'incline devant le geste de ces jeunes gens, bravo. Mais si quelqu'un se jette à l'eau devant vous, sauf à vouloir jauger votre niveau d'altruisme, il s'agit d'un suicide. Mettre sa vie en danger de façon immédiate pour sauver celle d'une personne qui aurait eu un accident, peut-être. Mais un inconnu qui fait ce geste volontaire? Appeler les secours, oui. Les diriger, courir sur la rive pour ne pas la perdre de vue, oui aussi. En ce qui me concerne, pas plus.

Venons-en maintenant aux commentaires. Bien entendu, les félicitations se comprennent. Mais voilà que j'ai lu des choses du genre : "Bravo pour ce civisme". Eh bien dites donc, si le civisme c'est prendre le risque de se noyer pour sauver un candidat au suicide... Puis, montons en puissance, "un geste fort dans une Genève qui..." et d'enchaîner avec tous les défauts du monde. On dira à ces charmantes personnes d'ouvrir les yeux et de ne pas tout voir en noir comme ça, c'est mauvais.

Et, pour terminer, mais là nous entrons dans la zone rouge : "Enfin des gens normaux à Genève !" Rien de moins que ça ! Donc, vous êtes normal si vous sautez dans un fleuve à minuit pour tenter de sauver un inconnu qui s'y est jeté ! Bref, des commentaires démontrant qu'il peut décidément circuler n'importe qui et n'importe quoi sur ces forums. Il était temps de le dire une fois, peut-être y reviendrai-je avec d'autres exemples que j'ai notés avec effarement, parfois plus, au fil du temps.

En ce qui concerne cette histoire, heureux qu'elle se soit bien terminée. Car n'oublions pas, suivant les humeurs du destin, c'est un, deux ou même trois morts qu'il aurait pu y avoir ce soir-là. Et, concernant le protagoniste principal, espérons qu'il ne recommence pas...

Le cas échéant, qu'on l'y laisse.

21/08/2013

Sinistre Zurich !

Longtemps je l'ai ressenti, pensé, soupesé. Zurich, à bien des égards, tu es sinistre! Voici pourquoi.

Sois sûre, je ne suis pas contre les villes, ni leur grandeur. Ni contre toi, la première, statut que Genève a longtemps eu et qu'elle n'aurait, selon moi, jamais dû perdre. Sois sûre aussi, je n'ai aucun complexe vis-à-vis de toi. Le hasard m'a fait naître dans l'une des villes les plus connues au monde alors que l'on m'a parlé de toi, en Espagne, comme étant "une banque" sans savoir que tu étais d'abord une ville. Tandis que Barack Obama voulait, lui, passer chez toi pour..."y skier".

Je ne vais pas trop m'étaler ici sur le fait que même si ta situation géographique est très similaire à ma ville (une fin de lac qui se mue en fleuve) et que ce coin là n'est pas vilain, tu peux m'en vouloir mais, je ne te trouve pas de charme ailleurs. Des quartiers sans âmes, un peu gris, des barrières à toutes les petites rues pour en empêcher l'accès, dans la plus pure tradition germanique. Moi, je n'aime pas. Mais l'important n'est pas là. Je te tiens de sacrées rancunes et je ne suis pas fier de toi.

Les rancunes, c'est pour Swissair et, surtout, "Unique". Certes, dans la défunte compagnie nationale il n'y avait pas que toi. Mais tout de même, le trend, les décisions, c'était Zurich. Et ton aéroport, "Unique", quelle prétention! Quel mépris! Après des années, tu t'es rendue compte de ton erreur et tu lui as changé le nom, et tant mieux. Moi, pendant ce temps, j'ai un sentiment de plaisir à chaque fois que, sur l'un des parkings de l'aéroport de Genève, je vois des plaques zurichoises...

Puis, l'autre grosse rancune, c'est d'avoir sali l'image de toute la Suisse il y a quelques années, quand des centaines de personnes étaient rassemblées, errant, titubant, à la recherche de leurs doses sur un terrain vague, au milieu d'un parc jonché de seringues et d'immondices. Dégoûtant, honteux. De ça, de ces images, on m'en a parlé partout dans mes voyages. Je sais que ton rapport à la drogue est bien différent que chez nous -l'aimerais-tu?-, mais ces images nous ont salis, tous.

Ensuite, ce n'est pas fini, tes égarements économiques. Tu sais, l'UBS, surtout, qui a failli entraîner le pays entier en faillite. Là aussi, il n'y a pas que toi dans l'affaire. Mais, comme pour Swissair, tout vient de chez toi. Dans un cas comme dans l'autre, il y a la Ville et le Canton comme actionnaires, non? Tout comme ta banque cantonale, désormais dans le collimateur américain. Nous sommes tous, là aussi, sacrément salis par tout cela. Et rajoutons les indécents 15% de rentabilité voulus pour les journaux suisses, les salaires à la Rega et d'autres choses, tout ça c'est toi, bien sûr.

Et puis maintenant, cette histoire avec Oprah Winfrey qui, à priori, n'a rien inventé puisque la boutique en question a présenté des excuses. Faire ça à une femme si élégante et resplendissante, comme seules les femmes Noires savent l'être, incroyable! Eh bien, moi, ça ne m'étonne pas. Tu n'es pas si ouverte. Tu n'es pas si internationale que tu veux bien le dire, je m'en suis souvent rendu compte. Et côté chaleur humaine...laissons vite.

Certes, je sais aussi que tu as fait des choses bien et que tu as raison de défendre tes intérêts. Je conclurai même en t'assurant que je serais aussi capable de te féliciter, te soutenir, si à nouveau tu te comportais comme tu as su te comporter parfois. Mais avec tout ça, tu es sinistre. Ou, pour laisser ce terme à l'assurance portant ton nom (laquelle d'ailleurs voulait mettre une bijouterie à la place de notre cher et toujours plein "Relais de l'entrecôte"), tu es moche.

Allez, disons vraiment pas bien belle, au minimum.

20/08/2013

Prier la pluie pour nettoyer Genève, et Lausanne...

J'aimerais mieux parler d'autres choses. Mais voilà, ce sera pour une autre fois.

J'ai déjà fait un billet sur la propreté de Genève, qui concernait plus les déchets et les papiers. Sincèrement, ce n'est pas le top, mais il me semble que cela va mieux, tout comme pour les déjections canines. Le nouveau magistrat semble appuyer plus encore les volontés du précédent, ne boudons pas notre plaisir ni les remerciements. Jamais l'anonymat ne me plait plus que pour cela.

Cette fois, la problématique est autre. En effet, je me rends souvent dans l'un des centres commerciaux de mon quartier, en empruntant la même rue. Il y a tout le long de grandes traces par terre. Qui parfois, sentent. Des petits ruissellements d'urine de chien, d'autres plus grands, probablement d'hommes pas tout à fait humains. Ou aux endroits de dépôts de sacs-poubelles qui coulent, devant beaucoup d'allées. D'autres choses également bref, de vilaines traces partout.

À supposer que quelqu'un des services de la Ville lise ces lignes, il s'agit du quartier de Plainpalais, rue Prévost-Martin, la zone la plus sale étant sur le bout du rue amenant au passage de la Tour. Mais ces lignes n'ont bien sûr pas pour objectif de rendre plus propre les rues du quartier où, pour l'instant, j'habite. C'est un problème beaucoup plus général, qui s'explique facilement.

Il fut un temps, l'on voyait souvent (ou en tout cas, régulièrement), les camions ou les machines laver à grande eau les routes et les trottoirs. Bien souvent, je m'écartais moi-même pour que le conducteur n'ait pas besoin d'arrêter les jets, ce qui toujours déclenchait une sympathique réaction. Eh bien, de tout cet été, j'ai le souvenir d'en avoir vu une seule. Obsession de l'économie de l'eau oblige, tout aura été réduit au strict minimum, j'en suis sûr. Moins que ça, nous aurions des problèmes d'hygiène.

Il y a longtemps, je fus surpris d'un règlement interdisant de laver les trottoirs et les rues de je ne sais plus quels mois de l'année, peut-être d'octobre à avril. Pour les risques de gel... Non seulement ce règlement est d'une rigidité stupide, mais si l'on prend en compte, en plus, le fait qu'il peut y avoir des périodes où il fait 10 ou 15 degrés pendant ces mois, il est complètement dépassé. Allez savoir ce qu'ils y ont rajouté pour les économies d'eau.

L'eau se respecte, bien entendu. Mais s'en priver à ce point, qui plus est dans le pays qui en est le château en Europe, non ! Suivant où, c'est vraiment sale. J'hésite à sortir, filmer le tout et le mettre en ligne. J'aurais assurément d'autres choses à faire mais j'hésite, vraiment. Et ça me fait honte. Ah oui c'est vrai ! La pluie est annoncée pour demain samedi.

Qu'elle soit longue et intense.

 

 

(Initialement, ce texte se référait à Genève. Ayant vu pire à Lausanne, je le décris dans le quatrième commentaire, et en profite pour l'inclure dans le titre).

07/08/2013

Je t'embrasse fort, mon beau bébé

Temps pluvieux. Larmes contenues, colère non. Et absolument rien à voir avec le "bébé royal". Voilà à mon avis un bébé dont on aurait dû plus parler. Qui donne une puissante leçon de vie à tout ceux pour qui tout va mal, alors qu'ils ont tout, la santé en premier.

Il y a peu, j'apprenais sur le site de Bluewin qu'un bébé américain était déjà, à son tout jeune âge, victime d'une leucémie. Ses parents, résolus à le voir partir, ont avancé la date de leur mariage pour l'avoir comme garçon d'honneur. Mais ce bébé n'est plus, il vient de partir. Il s'appelait Logan.

Bouleversé, impuissant et en colère contre la dureté de la vie, j'ai voulu pour la première fois laisser un commentaire sur leur site. Le voici : "Terrifiante, la dureté de la vie. Je t'embrasse fort, mon beau bébé". Le message n'a jamais été publié, censuré. Colère amplifiée. Je me réfugie donc ici.

Cela fait longtemps que je veux écrire quelques lignes sur la censure qui court dans l'espace commentaires de la presse, suisse semble-t-il plus qu'ailleurs. Nous y reviendrons. Mais dans le cas présent, pourquoi? Pourquoi un cri du coeur est-il effacé, mis à la poubelle? Ne me dites pas que vous avez peur, dès que quelqu'un veut embrasser un bébé? Sinon, je vais vous dire ce que je voudrais leur réserver, moi, à ceux qui leur font du mal. Honte à vous.

Certes, beaucoup de bébés partent ou souffrent, et pour beaucoup de causes. Là me revient en tête cette affreuse image d'un petit Irakien à qui les Américains, jamais à une horreur près, ont ouvert le ventre à la bayonnette, sans doute parce qu'ils n'étaient pas salopards au point de tirer. Il s'en est sorti. Et qu'est-ce qu'il était beau, même s'il portera toujours son énorme cicatrice. Lui, cela fait quelques temps, mais je ne l'ai pas oublié. Dans les deux cas, vie cruelle. Je leur dédie ces lignes.

Et je crois qu'il est temps que je laisse ce billet. Les yeux humides, à l'un, à l'autre, et à tous les autres qui ont souffert, je veux vous dire que je vous embrasse. Et fort.

22/07/2013

No interest, about your royal baby...

Quelques réflexions sur le matraquage médiatique pour ce bébé, les monarchies et, ne perdons pas l'occasion, sur le Royaume-Uni. Sans humour anglais, autant le dire tout de suite...

Alors que me tournaient en tête quelques lignes courroucées concernant l'omniprésence dans les médias de ce bébé pas encore né, j'en apprends l'arrivée. Dur de faire autrement. On nous a bassinés partout pendant des jours comme si c'était l'arrivée du Messie. Et vous verrez, cela va continuer avec la couleur des cheveux, des yeux, les ressemblances (ou pas) avec qui vous saurez sans doute, j'en passe et certainement des meilleures. Mais je veux exprimer ici l'opinion de ceux qui n'en n'ont absolument rien à faire, de ce bébé royal. Et ce, pour au moins deux raisons :

Tout d'abord, et par bonheur, nous ne sommes pas Anglais. Vous savez, ce pays du Nord de l'Europe que deux improbables dirigeants ont voulu relier au Continent par tunnel, mais qui fait depuis toujours les yeux doux, pour ne pas dire plus, à son grand frère d'Outre-Atlantique. Ce pays qui a l'un des passés les plus colonisateurs de l'Histoire récente, qui considère qu'il a sa place au Sud de l'Andalousie et à quelques miles des côtes argentines. Ce pays qui a envoyé ses bombes et ses soldats dans beaucoup d'endroits du monde. Ce pays guerrier comme je ne les aime pas.

Et également, pour prendre des images moins mortifères, ce pays qui ne fait rien comme les autres. Où j'ai eu vu des jeunes imbibés de bière à 18 heures et se bagarrer à 19. Pardonnez-moi mais c'est vrai, d'autres éructer et se moucher à table au repas du soir, généralement vers 18:30, heure à laquelle un vrai café m'irait indescriptiblement mieux. Et ce dans plusieurs des familles d'accueil que j'ai fréquentées, qui toutes d'ailleurs conjugaient accueillir à l'air du Nord.

Accessoirement, ce pays où l'on ferme les bars à l'heure où le reste de l'Europe commence à sortir. Où l'on m'a traité de "stupid idiot" parce que j'avais fait quelques pas dans l'enclos de la maison pour rejoindre la buanderie, à mes enthousiastes 18 ans, en training un dimanche. Ce pays où j'ai toujours senti les gens tristes et généralement hypocrites. Sentiments partagés par plusieurs de mes rencontres de diverses provenances du monde, Espagne et Corée du Sud pour les dernières.

Puis, par le fait que les monarchies commencent à révulser, partout. Même en Espagne, celle que jusque là j'arrivais à trouver sympathique, proche de son peuple et qui le lui rendait bien, est en passe d'être détestée. Partout sifflée, huée. Il faut dire qu'aller tuer de l'éléphant en Afrique, pendant que son peuple trime, c'est dévastateur dans l'opinion publique. N'est-ce pas, Don Juan Carlos?

Par bonheur aussi (l'on ne mesure pas toujours tous les bonheurs que l'on a à portée de main), nous ne l'avons pas en Suisse, la monarchie. Mais cela, c'est heureusement valable pour d'autres pays d'Europe, bien sûr. Pour le cas anglais, il y a un sacré cumul et le pire, c'est ce bébé qui va le vivre. Quant à nous, si l'on peut se réjouir d'une naissance, parfois il ne faut pas hésiter à tourner la tête.

No interest about your royal baby, at all.

13/07/2013

Quittons le WWF !

Ainsi que je l'annonçais dans mon billet précédent sur la Coalition des Naufrageurs, il est temps de dire deux ou trois choses sur cette association qui a considéré qu'il fallait porter le dossier de la plage des Eaux-Vives devant la justice, qui a estimé que le combat était d'une grande importance et qui, enfin, avait le temps et l'argent pour. Tant mieux pour elle. Mais elle va devoir aussi le payer.

Car n'oublions pas qu'il ne s'agissait pas de combattre une installation pétrolière, de gaz ou de je ne sais quoi d'autre. Pour ça, j'aurais même pu en être. Du tout. Juste une plage, votée par l'entièreté du parlement genevois, Verts compris, en plus. Des traitres, sans doute. Et que la population voulait, attendait, dont elle se réjouissait, même. C'était sans compter sur les rabat-joie de service. Je la vois encore, cette représentante du WWF expliquer à la RTS combien ces quelques centaines de mètres carrés seraient gênants sur ce lac. Lac de 581 kilomètres carrés, tout de même.

Dans un autre billet, je soulignais le plaisir que l'être humain peut avoir à compliquer la vie des autres. Ici, c'est plus fort encore, on en est au point d'empêcher de la leur rendre plus belle. Aucun membre de cette association ne peut être fier de ce résultat. S'ils doivent avoir un sentiment, c'est de la honte ou, à tout le moins, de la circonspection. Personnellement, je n'en fais pas partie. Sinon, j'en sortirais, assurément. J'invite les déçus à faire de même et d'arrêter de leur verser quoi que ce soit.

Il y a d'autres associations qui livrent des combats autrement plus utiles, forts, voire même vitaux comme, par exemple, Greenpeace contre la folie du largage des déchets nucléaires dans la mer. Ou d'autres contre cette cruauté humaine abjecte sur les animaux que sont la chasse aux bébés phoques ou les corridas, pour ne prendre que les exemples de mes premiers chocs lorsque, enfant, je commençai à réaliser avec effroi dans quoi j'étais arrivé. Donc oui, quittez le WWF, d'autres vous méritent, vous attendent. Sans état d'âme.

Et pour la plage sur le lac, filons à Vidy, Thonon ou Annecy. Sans mettre trop les gaz, malgré l'humeur...

02/07/2013

La Coalition des Naufrageurs

Cette appellation me tourne en tête depuis longtemps, mais c'est aujourd'hui que j'estime qu'elle devrait être partagée, le WWF venant de gagner le recours contre la plage des Eaux-Vives.

Ainsi donc, en ce tardif été 2013, au lieu de fêter l'arrivée d'une nouvelle plage à Genève, on apprend que cette association a gagné. En tant que tel, je la félicite. Mais ne vous fâchez pas, d'ici un prochain billet, probablement le prochain, elle va aussi ramasser. Conseiller de la quitter est justifié, et vite.

Certes, on a le droit d'être opposé à tout projet. Mais à Genève, il y a cette coalition, très hétéroclite, vaste, qui ressurgit chaque fois qu'elle peut. Extraordinairement égoïste. Elle a été puissamment à l'oeuvre contre le CEVA. Elle a été à l'oeuvre contre d'autres projets. Elle l'est concernant cette plage et tout indique qu'une autre pointe sur l'extension de la Gare Cornavin. Et ne parlons pas des constructions! En tout cas pas là, pas si large et, bien entendu, pas si haut. Ni des musées...

D'autres critiquent tout ce qu'ils peuvent. Rien ne va ou alors, il ne se passerait rien à Genève. Ni le soir quand au moins cinq ou six quartiers de la ville sont bondés de gens au point que la presse parle des problèmes des voisins, même les nuits à deux heures du matin durant l'un des mois de février le plus froid de l'histoire. Ni quand des centaines de milliers de personnes vont à la Fête de la musique, aux Fêtes de Genève, à la Lake Parade, sur La Plaine de Plainpalais le 31 décembre...Rien, vous dis-je!

Je n'oublie pas certains politiciens ou chroniqueurs qui n'en loupent pas une. Et en rajoutent, surtout. De même, certains commentaires dans les forums. À les entendre, à les lire, nous serions au même niveau que je ne sais quelle ville du pire des pays de ce monde. À un degré ou à un autre, tous nuisent. À cause d'eux, Genève patine, Genève perd, pourrait même couler. Nous avons nos propres fossoyeurs qui nous tirent vers le bas au lieu de viser le haut. D'autres, pas si loin, rient, jubilent.

Ça commence à bien faire, il faut réagir. Lui coller un nom me paraît déjà pertinent. Je le suggère et l'offre à quiconque voudra le reprendre : la Coalition des Naufrageurs.

01/07/2013

Devoir nous dire adieu ici, vraiment?

Je m'y étais fait, j'aimais, j'en étais même content. J'avais trouvé ma place dans ce monde bien turbulent pour réagir, commenter, proposer. Ici dans l'espace blogs Tribune.

Mais voilà, la Tribune m'informe que les blogs dont les noms et prénoms des titulaires ne figurent pas en toutes lettres ne sont plus désirés ici. Elle aura ses motifs que je ne puis seulement supposer. Mais j'aimerais réagir et prendre encore cet espace pour le dire.

L'anonymat pour insulter, pour moi c'est lâche. Je le préfère pour féliciter, par contre. Mais l'anonymat, il a du bon aussi. Il y a des personnes, dont je fais partie, qui n'ont pas envie ni besoin que leur nom soit public. Mais qui sont pleines d'idées ou de colères aussi, parfois. Et qui ont envie de les exprimer. Ou aussi, de simples anecdotes à raconter, pour informer, faire sourire. Sans que tout le monde, vos collègues, votre famille, soit au courant qu'il s'agit de vous...

Car voyez-vous, dans un monde idéal, il devrait être possible de tout dire sans en payer le prix. Mais on sait bien que ce monde idéal n'existe pas et que tout indique qu'il n'existera jamais. Donc, comment faire avancer les choses? Être le Chevalier téméraire? J'y réfléchis, mais il m'en coûte.

Comment faire si vous voulez informer le public de telle ou telle chose, dénoncer telle ou telle injustice ? Ou alors, si vous l'avez dénoncé déjà et que, désormais, de simples recherches sur internet vous en fassent payer le prix? Ou parler d'une maladie ou d'une pathologie si vous ne souhaitez pas que l'on sache que vous l'avez? Ou crier que vous avez été battu(e) dans votre enfance? Ce ne sont que des exemples, bien sûr.

Dans ces cas là, l'immense majorité des gens préfèrera se taire, fermera les yeux. Motus et bouche cousue. Torrents d'hypocrisie. Immobilisme.

Qu'en pensent d'ailleurs les journalistes qui ont sorti des infos incroyables grâce aux garanties d'anonymat qu'ils ont données à leurs informateurs? Vous en aviez les noms? Mais vous avez aussi nos noms! Le mien en tout cas. Et que penser alors de cet anonymat total dans les commentaires? Et enfin, de "Julie" qui publie ses chroniques depuis tant d'années, anonymement?

Moi, j'aimerais rester ici. Mais si ce n'est vraiment plus possible, je trouverai asile ailleurs, sous ce même nom, ou contraction de nom. J'ai trop de choses à dire, de billets qui tournent dans ma tête et qui attendent le moment où soudainement, ils écloront. Sur des sujets délicats aussi, dont on ne parle pas ou peu. Mais j'aimerais encore ouvrir le débat avec vous, lecteur ou lectrice qui me découvrez, ou me revenez, ou ne m'aimez pas, journaliste qui par hypothèse me liriez. Dites ici votre sentiment sur l'anonymat, s'il vous plaît.

Anonymement, si vous le souhaitez, vous le pouvez. Pour l'instant...

13/06/2013

Céline Amaudruz, une bombe tout court ou une bombe à retardement?

Autant vous aviser tout de suite, ce billet sera l'un des plus courts de ceux que j'aurais écrits par ici, dans notre histoire d'un peu plus d'une année qui, semble-t-il, touche à sa fin.

Ainsi donc, Céline Amaudruz a été classée politicienne la plus sexy de Suisse par un site. Je ne sais si elle est juste une bombe ou si elle sera également une bombe à retardement plus tard comme Conseillère d'État, à supposer qu'elle gagne les élections, bien sûr. Mais félicitations en tout cas.

Moi, je n'aurais pas fait ce sondage. Mais je saute sur l'occasion pour dire ma colère vis-à-vis de cette surveillance américaine partout dans le monde, et de tout. Nos textes, nos e-mails, nos numéros, une liste de mots clés dans toutes les langues et tous les codes qui doit comporter des millions de mots. Bombe en premier, certainement.

Et si je suis bien la politique, je n'exclus pas que l'heureuse gagnante du sondage soit en colère pour cette surveillance, elle aussi. Si elle m'en veut, elle me le communiquera et je supprimerai ces lignes. Mais je me réjouis que les bombes de ce billet fassent sonner au minimum six alertes dans les déserts américains.

No worries guys, I was just talking about a (nice) local politician. Bomb in english, too.

Greetings from Geneva.

08/06/2013

Drones : La détestable arme du lâche

De tous les sujets dont j'ai voulu écrire quelques lignes jusqu'à maintenant, celui-ci est de ceux qui me révulsent le plus. Car il s'agit de guerre et de folie humaine.

Je veux parler des drones. Vous savez, ces avions télécommandés à distance dans des salles climatisées -pour maintenir à niveau le confort et les facultés des tueurs- qui sont envoyés dans plusieurs endroits du monde. Et qui tirent, détruisent, blessent, tuent. Pas certains dictateurs aux mains tant ensanglantées, non! Contre eux, j'applaudirais. Ni un éventuel nouvel Hitler dont on peut craindre la résurgence en permanence. Contre lui, je jubilerais.

Non, ce ne sont bien sûr pas eux qui sont visés. Mais des gens choisis par des hauts gradés, certainement étoilés mais en tout cas pas auréolés. Et même avec la bénédiction du président des États-Unis, parfois. Des gens choisis dont on suppose qu'ils ont des choses à se reprocher, mais cela est terriblement subjectif. Et aussi, surtout même, des victimes innocentes. Les collatérales comme on les appelle pudiquement. Bien souvent des familles, des enfants, des passants.

Mais le pire est encore à venir. L'être humain, qui n'a jamais réussi à éradiquer la faim dans son ensemble sur la terre, a cependant développé des trésors d'imagination pour tuer sans même prendre le risque d'être tué, et jamais il n'y est si bien arrivé. Avec ces drones, aucune possibilité de se défendre, de voir ou d'entendre venir quelque chose, rien, pas même la nuit. Sournoisement. Aucune chance. Pour moi, le dégoût absolu.

Certes, ils ne sont pour l'instant utilisés "que" par les pays les plus guerriers du moment. Qui se demandent d'ailleurs, naïveté suprême, pourquoi ils attirent des torrents de haine et des actes de folie chez eux. Pour l'instant, donc. Car la facilité de trouver une arme étant inversement proportionnelle à celle de trouver un peu de blé dans certains pays, les drones vont rapidement se répandre.

Afin de ne pas terminer sur une note trop sombre, j'aimerais rendre un hommage et lancer une proposition : hommage à la Commission des droits humains qui s'est penchée pour la première fois sur le sujet à la fin du mois de mai. Et relever la fierté que j'éprouve que ces organisations soient ici.

Quant à la proposition, la voilà : ne pas commettre la même erreur qu'avec les mines, les précurseurs du "Tuer au hasard". N'attendons donc pas qu'il y ait des drones partout pour interdire leur usage militaire, à tous le moins armé. Agissons avant, pour une fois! Le plus tôt sera le mieux...mais je confesse des doutes quant aux chances de succès, sans toutefois perdre tout espoir d'y arriver.

J'aurais au moins la mince consolation d'y avoir contribué.

13/05/2013

Violence : Lausanne dérape ou banalise ?

Non, ça ne passe pas.

Au 12:45 de la RTS aujourd'hui, un sujet nous informe que Lausanne introduit une campagne sur l'alcool et les jeunes. En tant que tel, bravo. Mais sur le contenu, dérapage absolu. Je ne sais si d'autres personnes ont déjà réagi mais je n'entends pas laisser passer cela.

Sur l'un des sketches proposés, on y voit un jeune probablement très alcoolisé qui confond un fer à repasser avec un téléphone. Un peu lourd, mais bon passons c'est très personnel. Mais sur l'autre sketch diffusé, on y voit une jeune fille tout autant ivre manquer son bus. Et là, toute fâchée la pauvre, elle donne un coup de pied à une poubelle. On aimerait qu'elle soit d'acier trempé pour les gens qui feraient ça.

Mais soudainement, on revoit la même scêne avec cette fois la jeune fille qui se retourne contre une personne et la roue de coups. Et un message du genre, "Énerve-toi ok, mais énerve-toi pas trop tout de même". Rassurez-vous, je sais bien que c'est du second degré. Mais enfin! Que diffuse ce message? Le public cible le comprendra-t-il? Personnellement, avec les doutes que j'ai sur la nature humaine et la conviction qu'absolument tout ce qui est montré sur un écran peut être reproduit à un moment ou à un autre par mimétisme, j'en doute, voyez-vous.

Cette acceptation et banalisation de la violence par une collectivité publique est déroutante et très fâcheuse. Mais si elle y tient tant, qu'elle y rajoute quatre policiers qui fondent sur la jeune violente, la mettent à terre et le menottent. Là, la prévention contre l'alcool aurait probablement plus d'effet.

Celle contre la violence aussi, en prime.

04/05/2013

Et si Genève donnait un répit à Champ-Dollon en faisant aussi appliquer la LCR...?

Une fin de dimanche matin tranquille. Enfin, que l'on voudrait tranquille...

Des klaxons un peu partout, au moins une trentaine, déjà. Des pauvres gens qui sont névrosés et dont le respect des autres est au niveau du bitume. Puis, une de ces motos que Berne n'a toujours pas eu le courage d'interdire qui passe et repasse plusieurs fois. Le tour du quartier pour la chauffer, sans doute. Hier, c'était le conducteur d'une voiture que l'on mettrait plutôt sur un circuit qui voulait montrer qu'il existait en la faisant vrombir. Qualité de vie basse. Genève, ville bruyante.

J'ai une suggestion à faire. Je ne fais pas partie des anti-voitures et encore moins de ceux qui relativisent l'insécurité. Bien au contraire. Mais puisque la prison de Champ-Dollon déborde et que tout indique que l'on ne pourra pas y mettre beaucoup plus de détenus qu'il n'y en a actuellement et que les solutions d'urgence ne semblent malheureusement pas avoir la cote, pourquoi la maréchaussée ne ferait-elle pas de grosses actions sur la circulation? Doubler, tripler pendant un temps les policiers sur les routes? Afin de...

- Contrôler les véhicules et l'état des conducteurs, beaucoup plus qu'actuellement

- Répandre dans le trafic, partout et à toute heure, des voitures ou motos banalisées afin de coincer ceux qui vous doublent où il ne doivent pas, parfois en slalomant ou en vous collant (spécialité de certains habitants du Grand Genève...), ou ceux qui ne respectent rien ou plus grand chose. Et pour le cas qui nous occupe ici, ceux qui enfreignent également la LCR (Loi sur la circulation routière) en klaxonnant pour n'importe quoi, empoisonnant du même coup la vie des personnes sur leur passage. Ce qui fait que, au final, toujours plus de gens pas forcément anti-voitures le deviennent

Ces comportements étant sanctionnés par des amendes, cela n'amènerait pas de nouvelles personnes dans les prisons. Mais cela nous permettrait de retrouver un semblant de civilisation et de respect sur les routes genevoises, donnerait un peu de tranquillité aux habitants et aussi un peu de marge à ceux qui doivent gérer les finances publiques, elles aussi bien mal en point. Peut-être même aurait-ce une influence positive sur les accidents, d'ailleurs. Vivre mieux, en somme.

Car en fin de compte, lutter contre la criminalité est très bien. Mais je n'ai jamais eu le moindre soucis de sécurité à Genève. Ailleurs oui, mais pas à Genève, bien que ce soit ici que j'ai vécu le plus. En revanche, les agressions par le bruit, elles, on nous en impose des dizaines par jour suivant où vous habitez alors que, le comble, elles seraient évitables pour une bonne partie.

Cela pourrait aller vite mieux. Et ainsi Genève ne serait plus la dernière du classement sur tout.

30/03/2013

Dépôt TPG à l'aéroport : A-t-on vraiment mesuré les risques?

Depuis que j'ai appris que l'on voulait construire un nouveau dépôt TPG proche de l'aéroport, il y a plus d'un an je crois, je n'arrive pas à réprimer certaines craintes. J'avais écrit ces lignes qui dormaient dans la catégorie des lignes non publiées. Mais, après ce qui s'est passé à Lyon avant-hier (un Airbus qui sort de la piste), je ne les retiens plus. Lorsque les évènements se rapprochent, l'on peut mieux réaliser les dangers. Le Brésil, c'était loin...

Peut-être le saviez-vous donc, le Parlement a donné son aval à l'étude puis à la construction d'un nouveau dépôt de tramways et de bus, le parc des véhicules augmentant exponentiellement et la place se faisant rare. Les dépôts de la Jonction et du Bachet ne suffisent plus, ce d'autant que le premier devrait laisser sa place, bientôt, à d'autres constructions plus en adéquation avec ce bel endroit qu'un dépôt d'autobus. D'ailleurs, par manque de place, ceux-ci sont actuellement parqués la nuit dans une enceinte extérieure avec tous les inconvénients que cela a. Le besoin est donc là.

Ce nouveau dépôt devrait prendre place sur la route de Meyrin, au lieu dit "En Chardon", à l'extrémité Ouest de la piste de l'aéroport. Et c'est à partir de là que les choses se gâtent. A-t-on imaginé un seul instant un avion qui sortirait de la piste au décollage? Ou alors, une erreur à l'approche? N'oublions pas que cela est déjà arrivé à Genève (côté Ferney pour le plus impressionnant d'entre eux) et que cela arrive régulièrement dans le monde, avec des conséquences diverses, souvent et fort heureusement que matérielles et d'énormes peurs mais, parfois aussi, beaucoup plus lourdes.

Hormis celles-ci et selon le nombre de bus et de tramways qui ne s'en sortiraient pas non plus, il y aurait en plus une gabegie immédiate à Genève, et pour longtemps. Imaginez plutôt, une partie des véhicules hors service! De plus, avec les réservoirs de carburant et tout le matériel d'entretien que tout dépôt se doit d'avoir, les conséquences peuvent être tellement imprévisibles qu'il faut bien que quelqu'un sorte du bois et crie, voire même brandisse le drapeau rouge...Et pour tout dire, j'ai même pensé au référendum. Au moins l'argument eût été soupesé. Mais s'il est bon, il serait encore temps.

Je comprends volontiers que ce terrain sous les avions soit facilement disponible et suppose qu'il coûte bien moins cher qu'ailleurs. Mais est-on réellement prêt à prendre un risque pareil? Y a-t-on seulement pensé? Voyez-vous, je serais déjà heureux d'apprendre que ce risque aurait été évalué, jaugé. Mais je n'ai rien entendu ni lu quoi que ce soit qui aille dans ce sens. Je souhaite bien entendu que jamais rien de similaire n'arrive, mais me voilà, au moins, débarrassé d'un certain poids, dussé-je être bizarrement considéré; celui de ne pas l'avoir écrit quelque part. Pour avertir.

S'il y a donc des travaux à entreprendre là-bas, c'est bien plutôt la couverture de la route de Meyrin qu'il faudrait faire. Ainsi, si par malheur un avion venait à se manquer, il ne chuterait au moins pas sur celle-ci. Mais surtout pas y construire un dépôt de bus!

 

(Image : Wikipédia "Accident Vol TAM 3054, Brésil")

vol TAM.png

10/03/2013

Bien seul, je le dis quand même : Non, le résultat du vote sur les TPG n'est pas tout ce qu'on dit de lui!

Voilà qu'encore une fois je lis quelque part que le résultat du vote de l'initiative sur les prix des billets des TPG, dimanche passé, serait au mieux l'expression d'un mécontentement, au pire une défiance vis à vis de tout le monde. De la conseillère d'État en charge des transports, des TPG eux-même, bref...Et bien non, je ne suis pas d'accord! Je m'en voudrais même de ne pas avoir réagi plus tôt.

Ce vote pour moi n'était nullement une surprise. Je l'estimais entre 50 et 55% de oui et en avait parlé autour de moi. Car certes, il y a eu de gros problèmes lors du chamboulement du réseau, et d'aucuns pleurent toujours la réorganisation des lignes de tramways au profit de l'augmentation conséquente de l'offre sur les trois lignes principales. Mais ce n'est pas ça.

Je suis personnellement aussi utilisateur journalier des transports publics, et sur des trajets couvrant plus de la moitié du canton. Je ne fais donc pas partie de cette catégorie de gens franchement irritante qui critique les TPG sans jamais les utiliser. Lors du chamboulement, les chauffeurs stressés qui n'ont pas encore les nouveaux parcours en tête ou qui se trompent et réalisent leur bévue une fois que les perches sont tombées, j'ai connu. Je ne leur en ai jamais voulu et n'ai pas le souvenir que quelqu'autre passager autour de moi non plus. Des révolutions pareilles, justifiées ou non, ça ne se fait pas comme ça, il y a de quoi en laisser plus d'un courroucé. Cependant maintenant, sauf évènement ponctuel qui peut arriver partout, cela va bien.

Mais il faut prendre en compte aussi la capacité de certains politiciens à se profiler en dramatisant les situtations. J'ai entendu, par exemple, tel jeune politicien dire que Genève se mourait simplement parce que moins d'une trentaine de bars sur les 1'500, je ne sais plus, devraient fermer plus tôt. Je ne partage pas cette décision de fermeture anticipée mais l'on ne peut pas dire cela non plus. Ou tel autre, qui pourtant a des raisonnements habituellement censés et clairs, qui force tellement le trait sur l'évolution de l'insécurité à Genève que l'on se croirait je ne sais où. C'est la même chose pour les TPG. Ils parlent de "gabegie", de "démantelement" et j'en passe.

Qu'il y ait eu de la rancoeur, c'est bien probable. Que la conseillère d'État ne soit pas adorée par la population, malheureusement pour elle c'est bien possible aussi. Mais voilà. Le résultat du vote est principalement dû, tout simplement, au fait que l'on proposait une diminution des tarifs. Et, voyez-vous, suivant où ce scrutin avait eu lieu, dans une ville de France, de Suède ou d'Espagne par exemple, ce n'est pas 56% de oui que l'on aurait eu. Contents ou pas du réseau, contents ou pas de la personne en charge du ministère, c'est autour des 90% de oui qu'il fallait compter.

En fin de compte, la seule surprise pour ce vote à Genève est que le "oui" ne fût pas plus élevé...

01/03/2013

Les directions des télévisions regardent-elles leurs journaux télévisés?

Cela fait longtemps que je sais que dans notre pays, à de rares et agréables exceptions près, les journalistes n'ont pas à coeur de parler le meilleur français du monde ou ont tendance à se répéter. Mais on ne peut tout de même pas tout laisser passer sans réagir...

Sur la chaîne régionale genevoise Léman Bleu, l'un des présentateurs habituels bafouille régulièrement. Cela ne lui enlève rien d'une sympathie et compétence certaine. Mais tout de même. Lorsque, probablement à force de vouloir parler le plus vite possible, l'on enchaîne les erreurs, les cafouillages, les "euh..." et autres excuses, c'en devient insupportable pour le téléspectateur.

Dirigeons-nous maintenant vers la grande soeur. Une présentatrice des journaux de cette chaîne trébuche elle aussi à tout bout de champ, et depuis longtemps. Visionnez les titres du journal de 12h45 du 1er mars 2013 et vous en aurez un bel échantillon. Je m'en excuse auprès d'elle si, par impossible, elle devait lire ce billet, mais je dois dire que c'est à ce moment là que j'ai considéré que je ferais mieux d'éteindre ma télé et de me mettre à écrire ces quelques lignes.

Entendons-nous bien, même si j'ai personnellement beaucoup de réserves sur la télévision en général, il n'en reste pas moins que ces deux chaînes font partie de celles que j'aime bien, voire que je recommanderais. Leurs équipes font de la télé mille fois mieux que je ne la ferais moi. Mais leurs directions seraient bien inspirées de s'empresser de rehausser le niveau d'élocution. Pour ne pas perdre des téléspectateurs. Et, accessoirement, élever leur niveau et celui de la société en général.

Car si l'on demande un bon niveau de français pour n'importe quel poste administratif de n'importe quel bureau, l'on peut exiger la même chose -au moins- pour présenter des journaux télévisés, non?

15/02/2013

Solidarité de Genève avec le Sud...de la Suisse!

Peut-être n'y prêtons-nous jamais vraiment attention, mais la Suisse a aussi, comme tous les pays, un Sud. Pas le Sud que l'on entend généralement pauvre et franchement miséreux face au Nord habituellement riche et opulent, non. Mais tout de même, un peu moins riche.

Si vous prenez une carte, vous verrez que Genève est à la hauteur du Valais et du Tessin. Presque exactement à la même hauteur que Locarno. Cela expliquerait-il le fait que nous pouvons avoir dans ces trois régions, certes de très bons politiciens, mais aussi les pires du pays? Et des journalistes bien plus engagés que tel ou tel politicien lambda? Peut-être bien.

Mais Genève, malgré ses problèmes, reste la ville internationale, encore assez riche. Elle n'a pas trop de soucis à se faire, en tout cas, pour l'instant et comparé à ses consoeurs du Sud. En revanche, elles, oui. Commençons par le Valais. Personnellement, je n'y vais que rarement, et sur le chemin de Milan. Je ne suis pas parcouru de frissons lorsque j'en aperçois les montagnes. Au contraire, je m'en détournerais plutôt. Mais je voudrais que nous lui offrions notre solidarité, notre soutien.

Voilà un canton qui a la gueule de bois depuis la votation sur les résidences secondaires. Des villes, des régions riches qui ont décidé de son avenir. Je veux qu'il sache que tous les citadins n'ont pas voté pour ce texte. Et peut-être devraient-ils, ces citadins, prendre conscience de cela aussi et éviter que ne passe cette autre votation sur la LAT. Cela en ferait décidément bien trop pour ce canton, quoi qu'en disent les quelques écologistes défendant, certes courageusement, ce texte là-bas.

Prenons maintenant le Tessin. Qui le soutien? Qui l'épaule? Personne, ou si peu. Et pourtant, cette belle partie d'italianité de Suisse le mérite, le demande, le crie. Par exemple, le tunnel routier du Gothard devant être fermé longtemps pour d'importants travaux de rénovation, des propositions pour que ce canton ne soit pas isolé sont faites, dont la construction d'une deuxième galerie.

Et voilà qu'une pétition est lancée contre. Du Nord, bien sûr. Très peu de Tessinois la soutiennent, soyez sûrs. Ils ont plutôt envie d'étrangler ceux qui voudraient tant les isoler. Imaginez plutôt, c'est comme si l'on fermait l'autoroute Genève-Lausanne pendant trois ans et que la seule route disponible passerait via un col jurassien, et encore, d'avril à septembre. Se trouve-t-il véritablement ici des gens pour leur souhaiter cela?

Vraiment, j'ai envie de proposer un positionnement clair de Genève pour ces deux régions. Un front commun du Sud. De notre députation à Berne, en votation populaire, partout. Elles en ont bien besoin. Montrons-leur que la deuxième ville du pays les soutient, qui plus est, les aime! Sans rien attendre en retour.

Mais vous verrez, en plus, comme ces peuples nous rendront naturellement la pareille lorsqu'ils le pourront.

09/02/2013

Fermeture de (certains) bars à minuit : Dégats d'image assurés.

La grande nouvelle de cette semaine finissante est donc que l'État a décidé de ne plus octroyer de prolongations d'horaire à certains bars de certains quartiers. Avant d'entrer dans le vif du sujet, je veux souligner ici que certains titres de presse étaient inexacts voire trompeurs; tous ceux qui proclamaient que les bars fermeraient désormais à minuit à Genève. Non. Moins d'une trentaine de bars devraient le faire. Les 1'200 autres peuvent continuer comme avant.

Tout d'abord, cette décision vient indiscutablement du fait qu'il peut y avoir beaucoup de bruit dans certains coins sacrément animés de Genève. C'est bien la preuve que tous ceux qui disent qu'il ne se passe rien à Genève sont décidément complètement à côté de la plaque, ce que je dis depuis longtemps. Car oui, il y a plein de bars et cafés sympas. Et, excusez, pas contenus dans un petit périmètre central comme dans d'autres villes qui se veulent branchées. Sur plusieurs quartiers.

Prenez les Eaux-Vives, les Pâquis, Plainpalais (et à trois endroits du quartier, en plus), la Vielle-Ville, Carouge et vous avez là un nombre de cafés et bars branchés et sympas impressionnant. Et d'autres ailleurs. Mais voilà, tout ça, ça fait du monde et du bruit. Rajoutez-y l'élégance et l'altruisme bien connus des hommes alcoolisés et une loi anti-fumée et voilà, le clash. Les voisins sont dérangés.

Ces fêtards qui chantent, hurlent ou pire encore, je les déteste. J'ai un grand historique de sortie,  mais l'on ne m'a jamais entendu. Cependant, je ne voudrais pas non plus que les gens s'imaginent qu'ils ont partout en ville le droit de dormir tranquillement les fenêtres ouvertes. Non. D'autres personnes souffrent d'autres bruits, souvent 24h/24 et 365 jours par an. La seule manière pour elles de dormir, c'est les tampons auriculaires bien enfoncés et toutes fenêtres fermées, même par nuit tropicale. Une ville devant vivre, je ne voudrais pas que l'on ose se plaindre si l'on en est pas là.

Mais cette décision peut avoir des conséquences très lourdes pour notre ville. Qu'elle soit confirmée ou non, combien de personnes resteront avec l'idée que, désormais, les bars à Genève ferment à minuit? Que si, comme mes amis et moi, elles finissent de dîner plutôt à 22 heures, il ne vaudrait plus vraiment la peine de sortir? Quelle image donnons-nous? Va-t-on arriver comme dans le commerce de détail avec sa floppée d'horaires en fonction des jours et des succursales et que, ne sachant pas à quelle heure cela va fermer, il vaut tout simplement mieux de ne pas s'y rendre?

Genève, prends garde! Il y a parfois des décisions, des signaux qui font des ravages. Ta propreté n'est plus la même. Ta sécurité non plus. N'y rajoute pas cela. Et pense à ta jeunesse, bon sang!

25/01/2013

L'AVC (l'Accident Vasculaire de Champel)...

Dans la matinée du jeudi 24 janvier, vers 8 heures, je cheminais sur les trottoirs des rues des Clochettes et des Pléiades, petites rues irriguant le quartier de Champel dans lequel je me rendais. Je fus surpris de constater que celles-ci étaient bouchées. Entièrement. Plus aucune voiture ne pouvait bouger et les klaxons -geste stupide mais témoignant de la colère passée par certains- fusaient dans un quartier jusque là probablement épargné par eux. Puis, par effet cascade, les avenues Dumas et Peschier se bloquèrent aussi. Mauvais début de journée offert gratuitement pour bien des gens.

La cause? Aucune. Ou plutôt, aucune cause logique, compréhensible, tel un accident ou la chute d'un arbre sur la chaussée. Non. Tout simplement, les aménagements des places de parking en épis. Vous savez, cette grande mode. L'on dessine des places en épis tantôt à droite de la chaussée, tantôt à gauche. Vous pouvez croiser à certains endroits, et encore, si votre voiture est (très) petite et que par chance vous en croisez une autre qui le serait tout autant.

Toutes ces dites rues ayant été réaménagées ainsi, avec le trafic du matin et une ou deux personnes qui ne comprennent pas nécessairement qu'elles ne peuvent pas s'engager partout à tout moment (réalité qui devrait être en tout cas connue par les aménageurs publics) et voilà le résultat, tout se bloque. Accident circulatoire. Par bonheur, je n'ai pas entendu de véhicule d'urgence qui devait passer par là à ce moment car, croyez-bien, quelle que fût la raison de son intervention, un autre AVC par exemple, cérébral celui-là, quelqu'un en aurait assurément pâti.

Devant continuer mon chemin, je ne sais combien de temps tout cela a duré avant d'être résorbé, ni comment. En revanche, en ce frais mais joli matin hivernal, je ne pouvais malheureusement qu'être conforté dans ma conviction que la capacité dont l'être humain peut faire preuve pour compliquer la vie des autres est décidément sans limite.

Pour le coup, là, par la Direction de la mobilité.

10/01/2013

Propreté et incivilités : Et si l'on osait vraiment frapper fort?

La propreté à Genève n'est plus ce qu'elle était, ça fait longtemps qu'on le sait malheureusement. En forme de mini consolation, mais vraiment minime juste pour ne pas perdre espoir, j'ai vu bien pire ailleurs et entendu de similaires constatations pour d'autres villes. Et à Lausanne ces jours, pour un problème de taxe poubelle, les trottoirs ressemblent à ceux de Naples.

Mais revenons à Genève. Hier vendredi 11 janvier, sur un trajet d'à peu près 400 mètres, il m'a été donné de voir au moins 3 déjections canines en plein milieu des trottoirs que je parcourais. Et je ne fais pourtant pas partie des gens tristes ou timides au point de ne regarder que les trottoirs lorsqu'ils marchent. Je passe les détails. Et voilà qu'aujourd'hui, sur la rubrique "Signé Genève", je découvre l'état des poubelles post-fêtes avec d'explicites photos à l'appui. Je ne vais pas attendre ma troisième déconvenue pour réagir.

Pourtant, il m'avait semblé que depuis quelques temps la situation s'était améliorée. Un certain magistrat étant passé par là. Non que nous vivions à Dubai ou Singapour, oh non! Pour eux, l'ensemble de l'Europe continentale ressemble plutôt à une vaste déchetterie. Mais ça allait mieux. Moins de débarras sauvages (ce qui semble perdurer), moins de saleté, les traces de ceux qui se répandent à la bombonne sur les murs effacées sans états d'âme ni amertume.

Je ne sais si les priorités du magistrat intérimaire ont changé, ou si ce sont celles du nouveau en charge du poste, mais il semble qu'il y ait relâchement. De grâce, non! Ne relâchons pas la garde. Ayons du courage! Voici une liste des comportements qui mériteraient, selon moi, une amende ferme de 200,- minimum, doublant comme c'est déjà le cas à chaque récidive, et sans limite :

- Les déjections canines non ramassées

- Tous les papiers tels les tickets de caisse jetés par terre, les reçus bancaires (voyez le nombre de quittances qui jonchent le sol près des distributeurs à certains endroits et à certaines heures...). D'ailleurs, pourquoi ne pas transmettre à la banque en question les amendes avec les relevés où le numéro de compte figure, à charge pour elle de se couvrir en débitant automatiquement le compte du titulaire, et encore mieux, avec prélèvement de leurs frais?

- Ceux qui se départissent de leur meubles ou de tout autre objet encombrant sans profiter de ce merveilleux service de débarrassage gratuit qu'offre la voirie.

- Ceux qui mettent leur verre dans les bennes de récupération hors des heures prévues : Bien entendu, il ne faudrait pas embêter ceux qui arrivent avec quelques minutes d'avance ou de retard mais il m'est arrivé de voir des gens vider des sacs entiers à minuit ou à une heure du matin alors que partout il est mentionné, de façon bien visible, 20 heures maximum.

- Ceux qui pique-niquent ou festoient dans les parcs ou ailleurs et laissent la totalité de leurs déchets sur place, comme le ferait n'importe quel singe. En gros, j'ouvre ma banane et je laisse la peau où je l'ai ouverte.

Car oui, nous en sommes là, et ce n'est malheureusement pas exhaustif. Le niveau de civilisation auquel nous étions arrivé en Suisse en a pris un sacré coup. Ailleurs, dans beaucoup d'endroits dans le monde, l'on est arrivé à des niveaux de propreté exemplaires. Parfois au prix d'amendes dignes de ce nom. Par exemple, de 500 à 1'000 dollars (fussent-ils singapouriens) pour un chewing-gum ou crachat. Pas à la xième récidive, d'entrée de jeu.

Sans en arriver nécessairement à ce stade, si l'on ne sert pas la vis ici, cela va devenir tout simplement invivable. Quelqu'un oserait-il frapper fort?

21/12/2012

Fin du Monde : Promettez-nous, vous ne nous la referez plus?

Personnellement je n'en doutais pas un seul instant, mais très heureux quand même d'être en mesure de réécrire quelques lignes rapides en ce samedi matin post fin du Monde. Bien que ce soit encore le 21 dans une partie de celui-ci, soyons optimistes, disons-nous que nous nous en sommes tirés!

Mais franchement, cette histoire qui nous a été rabâchée pendant une année, puis dégonflée soudainement 24 heures avant dans tous les médias nationaux ou internationaux que j'ai l'habitude de suivre, pour quelles raisons divines ou plutôt obscures, c'est la même chose, est révoltante. Cela ne doit plus se reproduire. Comme je me suis permis de le dire sur mon précédent billet, il y a des personnes aujourd'hui qui doivent se sentir bien mal. Tels comportements et telles séquelles.

La fin du Monde arrivera, c'est une évidence. L'extinction du soleil en est la cause naturelle la plus certaine, mais probablement la plus lointaine. Même si les scientifiques mesurent qu'il perd plus de 4 millions de tonnes par seconde, ils nous annoncent encore bien 5 milliards d'années de vie. Donc si une masse céleste n'a pas la mauvaise idée de venir flirter de trop près avec nous avant, nous avons le temps. En revanche, la folie nucléaire des hommes est celle qui pourrait être la plus proche. Mais aucune ne pourra se prédire et encore moins avec certitude.

Les médias qui ont porté, colporté exagérément cette bêtise ont une lourde responsabilité. Je n'exclus pas que d'ici peu nous apprenions que certains ont des comptes à rendre. Je le souhaite, même.