• Genève groggy (et moi aussi...)

    L'ambiance n'est vraiment pas au beau, et encore moins pour Genève.

    Tout d'abord, ce misérable virus qui circule et qui a eu comme terrible effet collatéral l'annulation du Salon de l'auto, avec d'autres. Depuis que j'existe, c'est la première fois que je vois cette première semaine de mars où d'habitude la ville se fait belle, sors ses drapeaux et se prépare à accueillir les presque 700'000 personnes qui nous honorent de leur visite, si repliée. Presque défensive.

    Non que j'en sois un visiteur régulier, oh non. Je n'y suis allé que quelques fois dans ma vie, gâmin et il faut bien le dire, sans autre choix. Mais je suis heureux que tant de personnes viennent chez nous. Visitent la ville. Remplissent à ras bord nos hôtels, bars et restaurants. Nous croisent, nous rencontrent même. Ce beau monde viendrait-il d'ailleurs pour un salon des fleurs, que j'en serais tout aussi heureux, voire plus.

    Mais rien de tout cela cette année. On a rangé l'enthousiasme, cassé le travail colossal qui doit être fait à Palexpo pour cela. Rangé les envies, les étoiles. Il est vrai que vu la masse de gens qui serait venue de partout, Genève aurait pu se convertir de suite en foyer de contamination mondial. Dans la ville de l'OMS, ça jette un fiévreux froid. Espérons que le Salon se remette de cela, et qu'il revienne plus beau encore l'année prochaine. Lorsqu'une étreinte est longuement désirée, elle n'en peut être que plus belle.

    Mais Genève peut pleurer pour autre chose. Voici que la RTS a décidé d'aller s'ériger dans les champs d'Écublens, pour partie du moins, puisqu'il s'agit de son service informatif. À côté d'une école qui reçoit beaucoup d'argent du pays mais fait scandaleusement rayonner son nom local, j'ai nommé l'EPFL. En faisant cela, elle donne un coup à la ville qui l'héberge. Qui se trouve être la première de Suisse romande, la deuxième de Suisse, tout comme la deuxième également des Nations Unies. Ville qui fête ces jours les 100 ans de son aéroport, et qui vient d'inaugurer un magnifique réseau ferroviaire en tunnel qui s'apparente à un vrai métro.

    Ainsi donc, quasiment toutes les nouvelles de la partie francophone de ce pays viendront de là-bas. Uniformisation. Paupérisation. Qui plus est, à proximité immédiate de notre beau Léman, mais qui a déjà produit plusieurs tsunamis documentés, dont le dernier remonte à longtemps et qui nous rapproche donc nécessairement et malheureusement du prochain. Il envoya à ce moment-là des vagues de 15 mètres de haut sur les flans lausannois, et d'une dizaine encore à Genève. Je frémis à cette idée, et me demande comment diable a-t-on pu penser à aller mettre une radio-télévision sur ce rivage, à supposer qu'une école fût déjà une bonne idée.

    Genève est donc groggy, et moi aussi. Ceux qui lui veulent du mal se réjouissent, en particulier ceux qui reçoivent de l'argent d'elle via la péréquation nationale, c'est dans la sale nature humaine. Ce jour, je reprends quelque écriture publique après une longue période de suractivité. Pour crier ma tristesse.

    Et ma colère.