20/05/2018

Les flingueurs de boulevards

Amateurs de sensations fortes navré, nous n'allons parler que de circulation. Un parcours matinal en voiture ce dimanche de Pentecôte peut nous expliquer pourquoi Genève a remisé Luc Barthassat.

Il commence au boulevard Helvétique, dont le côté Philosophes a subi tout ce que l'on peut faire subir à un boulevard pour le martyriser : de nouveaux feux qui bloquent même les bus, une voie de circulation qui saute pour laisser la place à deux énormes pistes cyclables où même de petites voitures pourraient circuler et où il n'y a jamais de vélos, allongeant la file de voitures devant désormais attendre deux cycles de feux pour passer. 

Il se poursuit à la rue Versonnex qui actuellement, a bien belle allure. Nous sommes dans une ville, et il y a trois voies de circulation dans le sens pont du Mont-Blanc. Un projet complètement fou voudrait, pour faciliter le "U lacustre", les réduire ici aussi. Fou et moche. Comme le pont du Mont-Blanc actuellement, où le chemin me mène.

Qu'est-ce qu'il était beau, avant ! Trois voies dans chaque sens, rectilignes, de l'allure, de la place. Puis vint la voie de bus qui chamboula tout. Elle, est peut se comprendre et, pour être aussi parfois dans les bus l'empruntant, oui, elle est nécessaire.

Mais voilà qu'un conseiller d'État s'est entêté d'y mettre aussi une piste cyclable ! Alors qu'il y a un pont piétonnier à une centaine de mètres ! Le résultat est affligeant. Il n'y a plus de place, un seul véhicule pas vraiment sur sa piste, et voilà les voitures et bus bloqués. De plus, les anciens marquages au sol apparaissent encore. Bref, on nous l'a bousillé, notre pont du Mont-Blanc. Et ça se paie toujours aux élections, je l'avais même dit à qui voulait l'entendre. J'ajouterais, bien fait !

Le parcours se poursuit devant Notre-Dame, d'où je peux constater que le boulevard James-Fazy a lui aussi perdu une voie de circulation. Cela faisait d'ailleurs une année qu'il n'avait plus de marquage, peut-être qu'en Grèce cela se ferait-il plus vite. Mais en tout cas, une voie en moins ici aussi, donc.

Commence ensuite le cheminement pour Meyrin. À la Servette, vous êtes arrêtés à tous les feux, sans exception. Même à ceux qui sont à cinquante mètres l'un de l'autre. Passé le Bouchet, vous êtes sur la large route de Meyrin où de lumineux technocrates ont considéré que la vitesse devait y être limitée à... 50kh. Oui, hors de tout, quatre voies de circulation et la tram au milieu, mais 50kh. Et là aussi, vous êtes arrêtés à tous les feux, jusqu'à Meyrin. Mon trajet Bastions-Meyrin a duré 32 minutes. Un dimanche matin de Pentecôte, je répète.

Genève avait de beaux boulevards, comme toute ville qui se respecte. Avait, car une bande de flingueurs leur a fait la peau. Cela commença avec le boulevard Carl-Vogt. Il n'offre de salut qu'au prix d'un gymkhana par de petites ruelles. Un peu plus loin, le boulevard parallèle, St-Georges donc, a lui aussi subi le même sort et finit en cul-de-sac. Sans doute pour lui donner la même destinée que le cimetière éponyme.

Il faut dire qu'elle avait fait fort, la Verte que les Genevois eurent la mauvaise idée d'élire avant de se raviser, dans un inestimable sursaut, dans les quatre ans qui ont immédiatement suivis. Elle venait de commettre une autre attaque sur le boulevard Carl-Vogt, où l'on ne pouvait quasiment plus aller nulle part, et sur le pont Wilsdorf qui perdit du jour au lendemain un sens de circulation.

Fut ensuite élu un motard, de ceux qui ont besoin qu'on les entende. On pouvait au moins nourrir quelque espoir. Eh bien las ! Voilà le résultat. Il fit pas mal de communication sur les "ondes vertes" mais manque de chance, moi, même à une heure du matin je dois toujours m'arrêter quelque part sur "l'onde verte". Ou alors, la journée, on arrête un flot de cent véhicules pour immédiatement laisser traverser un piéton ou un vélo. C'est insupportable, même lorsque c'est moi le piéton ou le cycliste.

Qui pour renverser enfin la vapeur, de grâce ?

Commentaires

Et que dire du pire feu de Genève (à on avis), celui en face d'Uni Dufour, qui peut donner à toute heure du jour ou de la nuit jusqu'à 3 fois le vert aux piétons avant de laisser quelques voitures passer depuis Candolle ?! Complètement débile !!

Écrit par : JDJ | 21/05/2018

Barthassat à certains endroits a fait pire que la verte. Il faut une personne de droite à la mobilité après 20 ans de border de gauche, bordel !!

Écrit par : Zpoutnik | 21/05/2018

La Servette n'était pas dans les ondes vertes !

Écrit par : F.D. | 22/05/2018

@ F.D : Je sais bien, la Servette c'est plutôt l'onde rouge.

Je disais, dans les axes dit comme "onde verte", je m'y arrête toujours. Belle comm...

Écrit par : Danijol | 22/05/2018

Je pratique la ville depuis plus de 40 ans au volant d'un taxi. Je sais exactement ce qu'il faut faire pour limiter les dégâts. Je me suis proposé dans un premier temps, et un peu naïvement je l'avoue, de remplacer Mme Künzler à la mobilité. J'ai ensuite offert mes services à Luc Barthassat qui m'a snobé. Je reste disponible pour celui ou celle qui réalisera que ce n'est pas d'un expert technicien dont nous avons besoin mais d'un homme de terrain.

Écrit par : Pierre Jenni | 22/05/2018

@ P.J : Peut-être faire une synthèse de leurs théories et les vôtres serait-il pas mal... voyez avec le nouveau chef du département je n'ose même plus rêver d'un changement.

Et puisque je vous retrouve ici, laissez-moi vous dire que je pense que Cornavin va passer du chaos au désastre, en tout cas si les plans du "lauréat" sont réalisés. Cela mériterait un billet à lui seul. Voyons si, et qui de nous deux le dégaine...

Écrit par : Danijol | 23/05/2018

Je viens de lui envoyer à l'instant un mail pour lui offrir mes services.
Je ne connais pas le projet pour Cornavin mais je sais que ce sera forcément une cata si l'agrandissement reste programmé.
Les projets Weibel me semblent les seuls à pouvoir se réaliser à relativement brève échéance, sans trop de nuisances, à des coûts supportables et avec un potentiel de dégorgement sérieux. Ils ne prévoient pas d'agrandissement de Cornavin. http://www.gerer.ch

Écrit par : Pierre Jenni | 24/05/2018

C'était mieux avant !

Écrit par : Corto | 24/05/2018

A Marseille, il s'agit d'une différente sorte de "flingueurs", tellement efficaces que cette France qui veut imposer le "droit" en Afrique, semble désarmée sur son territoire !!

C'est comme si l'Europe se trouvait à la croisée des chemins, d'un coté, en tête de cortège pour imposer la modernité dans le tiers-monde qu'elle pille abondamment et de l'autre coté, reste totalement impuissante vis-à-vis d'un retour au féodalisme le plus cru au sein de son bastion !

Genève devra t-il construire des fortins et des bunker à ses carrefours ?

Écrit par : Corto | 26/05/2018

@ Corto : Ohhh oui c'était bien mieux avant, et dans tellement de domaines...

Écrit par : Danijol | 30/05/2018

@ P.J. : Si vous rencontriez Serge Dal Busco (au moins), allez-vous lui demander s'il compte maintenir les espaces de circulation existants, voire élargir et rajouter partout où c'est possible des voies de circulation ?

Autant pour bus que pour voitures, j'insiste… l'urgence numéro 1 étant selon moi la création d'une voie de bus/taxi sur la rue de Montrillant dans le sens de la gare Cornavin (devant le C.O). Parfois il faut 10-15 minutes dans les bus pour faire ces 500 mètres !!

Mais j'insiste, je milite pour qu'on change de paradigme, et qu'on élargisse partout où cela a été rétréci en tout cas, voire ailleurs. Et tant pis si au passage on doit effacer une sacrosainte piste cyclable. Je doute fort qu'un PDC ait assez de cran pour faire ça mais sait-on jamais...

Moi j'ordonnerais l'effaçage de celles du pont du Mont-Blanc et imposerais pour les vélos le petit détour via le pont des Bergues sans véhicules, ce que je fais toujours à vélo, depuis toujours. Ou alors, on peut rouvrir ce pont à la circulation automobile.

Et d'ailleurs, la réouverture intégrale du quai des Bergues serait dans mes plans, malheureusement que dans un sens puisque les ayatollahs aux commandes de la Ville ont réussi à ne pas faire reconstruire l'élargissement qui devait être refait.

Écrit par : Danijol | 30/05/2018

S'il daigne me contacter, je ne manquerai pas de vous tenir informé.
Avant d'élargir il s'agit déjà de supprimer toutes les barrières artificielles, les ilots centraux et places de parking, vers les arrêts de bus qui empêchent de le dépassser. Ainsi que les rétrécissements intentionnels. Rétablir aussi les évitements aux arrêts des bus qui ont été supprimés par l'élargissement des trottoirs.
Plutôt que d'élargir, je verrais bien des axes fluides à sens unique. Par exemple la rue de Lausanne en sortie de ville exclusive et la rue Montbrillant en entrée ce qui permettrait effectivement d'ajouter une voie bus.
Pour les pistes cyclables il ne faut pas oublier que la volonté populaire s'est exprimée à un petit rien en faveur (initiative 144). Il faudrait donc ajuster cet article et repasser devant le souverain. Je dirais que la tendance va plutôt dans le sens de la mobilité douce dans l'hypercentre.
Je pense plutôt à rétablir la fluidité en encourageant les tangentes et les périphériques. Mais surtout il me semble vraiment hyper important de revenir avec un projet crédible pour boucler la traversée de la Rade. Les projets Weibel me semblent vraiment les plus crédibles tant en termes de financement que d'impact sur la mobilité.
Pour le quai des Bergues, je ne partage pas votre point de vue. Le quartier de St Gervais devrait être fermé à la circulation. Seulement voilà, il y a ce foutu parking de Manor...

Écrit par : Pierre Jenni | 30/05/2018

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