27/01/2015

Agressions incessantes

Suite à mon billet de fin 2013 concernant les klaxons qui commencent à sérieusement nous empoisonner la vie à Genève et la situation ne bougeant pas, s'empirant même, voici la copie d'un message adressé il y a peu à la direction du TCS : 

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Bonjour Monsieur,

Je reviens vers vous pour vous demander si vous avez des nouvelles à m'annoncer concernant notre échange de fin d'année passée.

Du quartier où je suis, j'entends en moyenne un klaxon toutes les 2 minutes depuis que j'ai bien dû enlever des bouchons auriculaires, avec regrets, au lever. Entre 7 heures et 11 heures, cela fait donc bien plus qu'une centaine de fois, déjà. Les nerfs ne tiennent plus et la qualité de vie est bien basse.

L'autre jour, sur une avenue proche de chez moi, il y a eu une scène incroyable : Une conductrice grillait son feu rouge et klaxonnait pour que celui qui était devant se colle davantage encore à celui qui le précédait. Une personne qui cheminait sur le trottoir et qui manifestement ne supporte plus cela non plus, est allée s'expliquer avec la conductrice.

Tout cela n'est plus tolérable, ni viable. Nous nous rapprochons toujours plus de Naples. Une campagne radio devrait selon moi être faite sans délai, déjà. Et au ton clair, car sinon c'est perdu. Et plus cette situation perdure, plus il y aura des gens anti-voitures.

J'hésite à transmettre ce courriel à M. Pierre Maudet également, mais vous pouvez le faire sans hésitation. La lutte contre la sécurité et les agressions est absolument souhaitable, mais de toute ma vie les seules agressions que j'ai eues à Genève sont les sonores, et elles deviennent incessantes.

Ce message est toutefois ajouté sur un blog, et le cas échéant votre réponse également.

Merci à nouveau de votre attention et veuillez agréer...

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Le directeur du TCS s'est montré très réceptif à mon premier courriel et a confessé que la "klaxonite" à Genève était forte, et qu'il allait inclure ce problème dans un groupe de travail.

Je n'ai pas encore reçu de réponse pour ce deuxième message, peut-être lui arrive-t-il trop vite. Toutefois je n'attendrai pas sans bouger que l'on trouve un début de réaction d'ici un ou deux ans, si tout va bien. Une campagne radio pourrait être rapidement mise en place déjà, et très efficace, l'automobiliste lambda l'écoutant volontiers. Automobiliste lambda que je suis parfois aussi d'ailleurs, mais qui ne klaxonne pas sans danger.

C'est-à-dire quasiment jamais.

16/01/2015

BNS : Enfin !

Depuis hier, le monde économique est sens-dessus-dessous. La panique, l'exagération, les commentaires acerbes, à nouveau aussi depuis l'étranger. Du déjà vu, notamment le 9 février.

Personnellement, je veux dire bravo à la Banque Nationale. Toutefois, elle n'aurait jamais dû, selon moi, se mettre dans ce pétrin. Je ne dis pas cela pour faire bien, avec le recul, non. Depuis le départ, j'ai considéré qu'acheter des Euros dans une telle quantité était extrêmement risqué. Toute autre monnaie aussi, d'ailleurs. Peut-être parce qu'à 15 ans je considérais déjà qu'il était préférable de ne jamais avoir tous ses œufs dans le même panier, selon l'expression que l'on devrait mieux écouter.

Mais il était plus que temps qu'elle se retire de ce bourbier. La Chine aurait pu tenir, bien sûr, mais pas la Suisse. Cela va paraître dur, mais je me demande bien qui nous avons aux commandes dans ce pays. Entre un gouvernement qui, il y a peu, a offert à peu près tout ce que les autres pays lui demandaient, et depuis 3 ans une banque nationale qui croit qu'elle va pouvoir soutenir à elle seule la deuxième monnaie du monde... Il faut s'accrocher, je sais, mais ils font tous très fort, là. Trop fort.

Bien entendu, certaines branches peuvent souffrir. Mais ce n'est même pas sûr, si le taux se stabilisait de lui-même par exemple à 1,10, l'on peut dire sans hésiter que tout s'arrangerait vite. Mais même si ce n'était pas le cas, la politique monétaire d'un pays ne se fait pas pour les beaux yeux de l'industrie d'exportation, ni de ceux du tourisme. Cela fera peut-être finalement baisser les prix des hôtels en Suisse qui sont de tout temps beaucoup trop chers. Et augmentera leur occupation.

Arrêtons-nous quelques instants sur les divers commentaires qui ont été faits. À peu près tous, exagérés. Mais tout de même, une mention spéciale pour l'ancien Prix Nobel d'économie Krugman qui dit que la BNS a fait une "grosse erreur". On lui rappellera que la Suisse a les épaules bien moins larges que son pays, les États-Unis, tout de même. Et pour le directeur de l'Agefi France, Philippe Mudry, pour qui "la Banque centrale suisse embrase le marché des changes et met l'économie en risque". On lui rétorquera qu'il est plus risqué encore d'avoir un bilan avec 200 milliards d'Euros. 

Enfin, cette mesure provoquant une augmentation de 20% des salaires des frontaliers alors que, rappelons-le encore et toujours, de plus en plus de résidents suisses ne trouvent plus d'emploi et tombent à l'aide sociale, je propose et demande ici une taxe urgente ou un impôt supplémentaire, pour tous les frontaliers. Un taux de 20% du salaire, similaire donc à l'appréciation du franc, pour aussi longtemps que la situation sera ce qu'elle est, et à partir de ce mois. En affecter une grande partie à l'assurance-chômage semblerait pertinent, d'ailleurs. Sans être d'aucun parti, je le répète ici.

Mais je considère que c'est un geste nécessaire, apaisant. Un devoir d'équité, même.

09/01/2015

Ils (elles) ne sont donc pas Charlie...

Voilà déjà que plusieurs personnes se démarquent de cet élan peut-être pas mondial, mais en tout cas international. C'est leur droit, mais nous allons en parler.

Ça a commencé par un contact sur internet qui est venu me parler avec sa vignette "Je ne suis pas Charlie", alors que j'ai décidé de mettre la mienne dès qu'elle a circulé. Je connais cette personne, elle est anti-système, n'a jamais payé un franc de transports publics, croule sous les amendes qui ne lui arrivent même plus. Sur son texte de profil, elle a écrit "L'indignation sélective des marchands de mort", rien de moins. Le tout donne une idée de la première, qui n'était pas Charlie.

Ensuite, Tariq Ramadan invité du 19:30 d'hier et qui disait que, lui non plus, ne l'était pas. Ce n'était guère surprenant. Bien sûr, il a condamné le geste, sans doute avec sincérité, mais je ne suis pas dans sa tête. A-t-il été bouleversé par tant d'horreur, comme la plupart des êtres humains sur cette terre ? J'en doute. En tout cas, la RTS leur a bien donné la parole.

Puis, je vois le texte d'une blogueuse dans ces colonnes, qui a normalement fait exploser les records de lecture. Pour cela, pour son courage, pour son français soigné et accessoirement pour avoir vu aussi son billet sur les Jeux olympiques qui ont ramassé avec moi aussi, bravo. Mais voilà...

Toutes allaient de leurs ressentiments, de leurs petites rancunes. Vous comprenez, la Religion, les Dieux, leurs Disciples et autres Prophètes, ça ne se touche pas comme ça. Sous d'autres temps, toutes les religions nous l'ont bien fait savoir aussi, d'ailleurs. Avec ce qui est sorti par la suite, en particulier avec la catholique, on regrette de ne pas avoir eu le courage de les chatouiller plus tôt, même si l'on risquait pas mal avant, également.

Mais devant la folie et la barbarie de cet acte, cette émotion planétaire, ces millions de gens qui portent le deuil, celui de la liberté, la liberté d'écrire, de dessiner... devant ceux qui sont tombés sous les balles, dire ne pas être Charlie, selon moi, c'est minimalement excuser. Minimalement justifier.

Les deux tueurs non plus, ne sont assurément pas Charlie.

07/01/2015

Les fous des dieux

Ils ont frappé, encore. Je suis groggy. Pêle-mêle, je veux réagir, l'écriture me soulage. Il ne fait aucun doute que c'est eux. Et que l'attaque était dirigée contre le journal qui avait osé les caricatures. 

Je veux dire que ce sont des sauvages, des barbares. Déjà que les gens qui voient des âmes, des créatures ou, pire encore, des bonshommes dans l'espace, je n'ai jamais vraiment compris, mais alors imaginez quand ils deviennent fous à cause de cela. Des assassins illuminés de folie.

Je veux dire journalistes, dessinateurs de presse, tenez bon. Hommage à vous. On vous critique beaucoup habituellement, mais c'est vous qui tombez par-ci par-là dans le monde sans que celui-ci ne s'en émeuve plus que ça, sauf peut-être quelques instants lors de la glaçante publication de la statistique annuelle. Mais là, on a la terrible occasion de bien s'en rendre compte.

Je veux dire que j'en ai assez que la seule chose qui arrive à ces tueurs comme celui de Norvège dont je refuse d'écrire le nom, ou ceux-ci de Paris, pour peu qu'on les chope, c'est de les enfermer et leur apporter des repas chauds pendant leur séjour en prison. Pas de langue de bois, non, autant pour le premier que pour les autres, le seul séjour qu'ils méritent pour moi, c'est celui dans l'au-delà, et vite. Arriver au chevet de leur imagination, de leurs Guides. Ils seront bien.

Je veux dire qu'en ce terrible jour de janvier, ils auront réussi à amener Marine Le Pen bien plus proche du pouvoir que l'on ne pouvait encore l'imaginer, malgré plusieurs signes, déjà. S'en réjouira qui voudra, mais les autres doivent s'y préparer.

Je veux dire France, je t'aime. Pas toujours certes, mais jamais comme aujourd'hui.

05/01/2015

Les Chaumettes et le Mur de Genève

Petit sujet local en ce début d'année. Il faut dire que je viens de repasser devant et que cette fois, je craque. Et j'écris, c'est mauvais signe...

Les goûts et les couleurs sont dans la nature, je le sais bien. Comme je sais bien qu'il n'est pas très intelligent de dire que telle ou telle chose est moche, et encore moins telle ou telle personne. Car il s'en trouvera toujours d'autres qui vous contrediront, et c'est heureux. Surtout pour les personnes, d'ailleurs. Mais là il me semble qu'il ne va pas y avoir beaucoup de monde qui va venir croiser le fer avec moi. Nous allons parler du parc des Chaumettes, et de son mur.

Pour qui ne connaîtrait pas, c'est un nouveau petit parc en face des HUG (que les TPG s'obstinent d'ailleurs à dénommer Hôpital, comme s'il n'y en avait pas d'autres à Genève). Il n'a que quelques années. Avant, les voitures descendaient et passaient sous le pont, et les ambulances avaient un accès direct. Il y avait déjà un petit parc bien joli, avec quelques arbres de ceux qui par bonheur ne s'effeuillent pas en hiver. Et un horrible terrain vague de parking. Lui, on salue sa disparition sans cacher sa joie puisque dans ce coin les disparitions, tendanciellement on les pleure.

Après trois ans de travaux et une poussière folle dans le quartier, le trafic a été entièrement ramené juste devant les HUG, ce qui mérite un coup de chapeau, vous en conviendrez. Et les ambulances doivent faire un détour pour arriver à bon port, ce qui mérite aussi une mention. Et elles sont même bloquées sur l'une des rues d'accès, suite à son rétrécissement, ce qui mérite une médaille.

Mais surtout, Genève a désormais son mur. On hésite même à lui octroyer une majuscule. Pour qui, par bonheur, ne serait encore jamais passé devant, j'adjoins des photos en pied de page pour le montrer, pour vous faire une idée. Voulant rester beau joueur, je mets celles que j'ai prises avec un ciel bleu alors que je tentais de l'apprivoiser une journée de printemps, mais si je me fâche vraiment, je sors celles que j'ai prises cet après-midi d'hiver au ciel couleur mur.

Parfois dans la vie, on se sent bien impuissant. C'est mon cas chaque fois que je le regarde, le vois. Comment a-t-on pu faire ça ? Si quelqu'un devait le trouver joli, qu'il laisse un commentaire, je lui déroule le tapis rouge. Tout ça, dans une ville qui aurait arrêté le magnifique Festival Arbres et Lumières pour des raisons financières... Une ville qui a donc réussi à dépenser des millions pour faire ça, et enlever les faisceaux de lumières colorés dans ses arbres lors des nuits les plus longues.

Ça fiche un froid, non ?

 

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