20/02/2014

Lausanne, capitale (du cauchemar) olympique

J'aurais aimé publier ces lignes vendredi 7, jour de l'ouverture des Jeux olympiques. Mais ne voulant toucher aucun autre sujet dans la période du vote du 9 février, je ne le ferai que maintenant.

Nous voici donc arrivés de nouveau à la période olympique. Celle où des milliers de femmes et d'hommes vont courir, concourir, jouer, se mesurer, jubiler, mais aussi endurer, souffrir, se démoraliser, se blesser, pleurer. Celle où ils vont chercher, quémander, supplier de gagner quelques millimètres ou quelques millièmes de secondes. Bref, celle où l'humain ne montre pas forcément ce qu'il a de pire, mais en tout cas pas ce qu'il a de mieux non plus.

Mais si ce n'était que cela! Car il y a aussi les énormes dépenses financières, les empreintes écologiques et le gaspillage énergétique gigantesques. Pour rien, ou presque. En effet, les sites olympiques ont ceci de gênant -on aurait envie de dire, de révoltant- qu'une fois les jeux finis il ne subsistent que les restes, inutilisables. Pour les avoir vus ailleurs, il me semble que c'est mieux que Sion ne fût pas choisi en 2006. Peut-être que pour les sédunois aussi, d'ailleurs, on vous aurait cassé votre ville. Et avec le recul on relativise tout, même les plus grandes défaites, vous savez bien.

On oublie cependant que si la Suisse a été relativement épargnée par ce gaspillage, elle n'en abrite pas moins le siège du CIO, en la ville de Lausanne. Ville voulant à tout prix être autre chose que la capitale du canton de Vaud et qui s'est donc profilée pour être capitale olympique, et qui l'a eu. On ne se demandera pas comment d'ailleurs, sachant depuis tout jeune que les votes olympiques sont particulièrement durs à interpréter et à comprendre...

Mais est-ce fondamentalement honorifique d'être la capitale d'une organisation dont le but premier est d'améliorer certains scores, comme nous le disions un peu plus haut, de quelques secondes, quelques centièmes de seconde ou de quelques millimètres? Et qui, pour ce faire, provoque de tels ravages sur les paysages et engloutit des milliards de nos monnaies fortes, ou des trillions des monnaies du reste du monde? Comble parfois, là où les populations locales sont dans la misère? Et qui plus est, qui pavoise avec ce titre, jusqu'à le mettre un peu partout et même sur la gare de la ville?

C'est personnel, mais moi j'ai envie de dire que non, ça ne l'est absolument pas. Donc cela risque de froisser, de froisser fortement même tant je sais que la moindre réserve ou critique sur cette ville déclenche des réactions nucléaires dont Genève pourrait s'inspirer, mais Lausanne est donc bel et bien la capitale du cauchemar olympique. C'est mon avis, depuis longtemps.

Qu'on me le passe, sportivement.

11/02/2014

Je confirme mon vote et vous, calmez-vous !

Je m'attendais à pouvoir passer à autre chose, à ce qui pousse tous azimuts pour être enfin partagé avec vous. Or, au vu des réactions qui arrivent depuis dimanche, il va falloir réagir, encore.

Nous avons eu tout d'abord les réactions de l'Europe. Ca se comprend, ça la concerne au premier chef. Certains propos ne m'ont pas du tout plu, notamment celui sur "les instincts les plus bas" mais laissons, je risquerais d'être dur aussi. En tout cas, nous verrons bien leurs propos tremblotant en mai prochain lorsque, possiblement, 25% du Parlement européen sera composé de députés hostiles à l'Europe. Et lorsque Cameron fera son référendum sur la sortie du Royaume-Uni.

Puis, le Conseil d'État genevois qui monte au créneau. Déjà qu'avant la campagne il a donné de la voix, voilà qu'après aussi. Je peux le comprendre également, la Genève internationale est tout aussi chère pour moi que pour lui, mais il me semble qu'elle fonctionnait très bien, même avant le tout premier balbutiant flirt européen. Ce n'est pas très normal et avec ça il prend l'option de faire entrer en son sein, à la prochaine échéance, deux personnes réellement à droite. Libre à lui.

Ensuite, voilà le directeur de l'EPFL qui sort du bois. C'est bien normal aussi, remarquez. Si imbriqué qu'il est avec le gouvernement vaudois et l'Union européenne, et possible récipiendaire d'un milliard de francs. Qui ne le ferait pas... Toutefois, les écoles et les échanges fonctionnaient eux aussi bien avant l'Europe. Quant à Erasmus, ce serait dommage, mais si c'est la contrepartie à payer pour que des dizaines de milliers de personnes sur le carreau en Suisse ne le soient plus, tant pis.

Enfin, l'inévitable Cohn-Bendit est apparu également, ce n'est point une surprise. Toujours aussi respectueux des votes populaires, toujours aussi écolo-socialiste pour certaines choses et toujours aussi libéral pour d'autres. Je veux parler de la libre circulation, bien entendu. Il nous aurait manqué. Et tous les autres qui ont donné de la voix depuis dimanche, critiquant notre vote, s'étranglant.

À tous, j'aimerais vous dire que nous, gens qui avons voté oui, nous vous avons entendus. Mais que nous sommes heureux du résultat du vote. Certes, il y aura des problèmes, de l'adversité, mais d'ici quelques années nous devrions avoir enfin stabilisé le taux d'étrangers en Suisse (qui restera toujours trois à quatre fois supérieur à ailleurs, cela devrait encore vous aller), et il ne devrait plus être impossible de retrouver un logement, de trouver ou de changer d'emploi.

Je veux donc confirmer ici mon vote, quelles qu'en soient les conséquences. Cependant, rien n'est figé dans la vie, et encore moins dans notre belle démocratie. Rien n'empêche personne de proposer, construire un deuxième vote. Il me semble d'ailleurs que c'est ce que le Conseil fédéral finira par faire. Et à ce moment-là, nous y réfléchirons, en reparlerons et déciderons, en toute liberté.

Mais dans l'immédiat, vous encaissez ce résultat et vous vous calmez, s'il vous plait.

Chavannes - Versoix : 40 à 0 !

D'autres scrutins ont eu lieu dans la foulée du 9 février et qui m'ont interpellé, sur les constructions notamment. Parlons-en, même si cela ne va pas nous arranger, compatriotes genevois...

Il y avait donc trois enjeux concernant la construction ce jour-là. Tout d'abord, la loi sur les densifications, qui a été acceptée. Il me semble que c'est mieux ainsi, personnellement. Il y a une telle cohorte de gens qui s'opposent à la construction dans ce canton que l'on ne va pas se plaindre lorsque certains se font talquer. Pour le coup, là, c'est l'UDC et le MCG qui ont perdu leur référendum.

Il y avait aussi un référendum municipal à Versoix contre un plan de logements assez important, au centre ville, avec une tourelle de dix étages. Qui lui, a été refusé. Plus de 200 logements à la trappe! Cette fois, grâce aux Verts. Notre merci, lui, devrait être rouge vif. Un immeuble de 10 étages, quelle horreur! Alors qu'à Pont-Céard, quartier juste à côté, la plupart en ont huit. Enfin...c'est bien dommage pour Versoix. Et c'est bien dommage pour l'entrée dans le canton de Genève en train.

Mais sortons un peu de nos étriquées et frileuses frontières cantonales, direction Lausanne. Juste avant, vous avez Chavannes, petite ville comme Versoix, à moitié moins peuplée mais qui vient d'accepter, elle, un plan de logements similaire mais avec une tour de...quarante étages! Et confortablement, s'il vous plait, à plus de 60% des votants!

Personne ne demande cela à Versoix, bien entendu. Mais de voir que d'un côté une tour de 40 étages est quasiment plébiscitée et de l'autre, une tourelle de 10 sèchement refusée, cela me laisse songeur. Fâché, même si tous les votes se respectent. Mais pourquoi donc? Que se passe-t-il? Les Genevois ont-ils envie de décliner? Avec le WWF aux commandes, par exemple, au vu de ce qu'ils sont arrivés à faire avec la plage des Eaux-Vives?

Ou alors, encore un coup de la Coalition des Naufrageurs dont je parlais? Je n'en sais rien. Mais ce que je sais, c'est qu'avec des votes comme ça, petit à petit, on sait de quel côté va pencher la région.

Un peu à la manière de la tour de Pise...

03/02/2014

Lettre à un jeune citoyen suisse (version pour le "oui"...)

Un autre blogueur de la Tribune s'est fendu d'un billet t'invitant toi, jeune citoyen, à voter "non" à l'initiative contre l'immigration de masse. Du coup, j'ai envie de t'écrire moi aussi, mais pour le "oui".

Au contraire de mon collègue blogueur, moi je ne pense pas que tu considères tous les politiciens comme "pourris". Franchement, c'est peut être le cas dans d'autres pays, notamment dans ceux où j'ai vécu, mais en Suisse, nous nous tenons bien encore. Tout comme ceux qui sont plus au Nord que nous en Europe. Et je sais, aussi, que pas mal d'entre vous s'intéressent à la chose publique. Donc en fait, il ne pense pas beaucoup de bien de vous les jeunes, à priori, ce collègue.

Lui, il te dit des choses incroyables, je ne vais pas toutes les reprendre ici. Mais en gros, si tu votes oui, nous nous isolerions, tu perdrais tes droits d'aller étudier ailleurs, tu te sentirais mal à l'aise vis-à-vis des autres bref, tu serais cuit...N'écoute pas ce genre de bêtises. C'est exactement comme un autre parti de sa tendance, de l'autre couleur de la pastèque, qui nous a monté une comédie l'autre jour sur la place fédérale avec des barbelés et tout. Oui je te jure, des barbelés.

Je vais te donner plusieurs raisons de voter oui, moi. Avec des faits. Tout d'abord, tu auras vu que le nombre d'étrangers dans notre pays est très grand. Si tu as voyagé un peu, tu auras constaté que beaucoup plus qu'ailleurs, même. Peut-être ne veux-tu pas, non plus, que cela continue à augmenter. Car nous y arriverons vite, au moment où toutes les villes du pays auront 50% d'étrangers. Ou plus.

Pense aussi au logement. Tu en as cherché, déjà? Tes amis? Je suis sûr que oui. Tu auras peut-être vu, comme moi, des gens s'entasser dans des apparts. En ce qui me concerne, je le disais sur un autre billet, des familles portugaises à 4 ou 5 dans un 2 pièces (oui un 2 pièces, et genevois en plus, maman et papa dormant dans la cuisine). Avec 4 des membres qui travaillent, ça ramène au minimum 15'000,- nets par mois et ça permet la construction de jolies villas au Portugal. Mais entre-temps, ton chambre-cuisine à 1'000,- toi, tu ne l'auras pas. Dommage collatéral, dans ton pays.

Et l'emploi. Ca devient galère, pour nous. C'est qu'une bonne partie de l'Europe est heureuse de venir bosser en Suisse, elle peut demander la moitié moins que toi, et ça peut encore lui faire la moitié plus que d'où elle vient. Donc tu vois, toi... Et puis il y a aussi des Italiens (un des pays et une des cultures que je chéris, pour que tu voies comme je suis raciste), qui viennent faire des apprentissages en Suisse et y gagnent plus, en 3ème et 4ème année, que bien des ouvriers d'Italie. Là aussi, toi...

Voilà, quelques éléments que j'avais envie de te donner. Regarde un peu mes billets précédents si tu le souhaites, moi j'ai considéré qu'il fallait que je m'engage à donf. Et pour finir, voici la conclusion de mon collègue blogueur, seule chose que je partage avec lui :

"Vote avant le 9 février (en plus par internet, c'est facile !) et dis à tes copines et tes copains d'en faire autant ! Montrez-nous quelle Suisse vous voulez demain, car celle-ci vous appartient !"

C'est malheureusement ce dernier élément qui va changer, si tu votes non.

Amitiés.