25/08/2013

Le bouchon nouveau est arrivé !

Vous l'aurez compris, ce n'est pas de vin dont nous allons parler. Mais bien d'un nouveau bouchon de circulation, juste créé, coulé, tout chaud, et dont il était absolument impossible qu'il en fût autrement.

Je l'ai de suite senti arriver, dès que j'ai vu le sujet au Grand Conseil sur Léman Bleu, il y a quelques années. J'en ai souvent parlé, ici ou là, pour avertir. Et maintenant, il est là. Il s'agit du nouveau giratoire sur l'avenue du Pailly, à Balexert. La rentrée n'a pas encore eu lieu que déjà, samedi en début d'après-midi, ça bouchonnait. Faisons un rapide historique.

Il y a dix ou quinze ans, peut-être un peu plus, je ne me souviens plus, nous avions là une grande route à quatre voies, suivant les endroits. Peut-être les automobilistes y allaient-ils un peu vite, c'est possible et contre cela je m'énerve aussi. Mais il y avait des moyens de ralentir le tout, personnellement j'aurais par exemple envisagé des feux et une glissière centrale. Celles que l'on attend toujours trop longtemps avant d'installer, à l'instar du quai de Cologny.

Puis, arrivant l'obsession de réduire la taille des routes et construire des pistes cyclables partout, même là où ne passent pas de vélos, l'on a fait tout cela sur cette route. Il ne subsistait plus qu'une voie de circulation dans chaque sens et tout l'espace central, au moins cinq mètres, était recouvert de lignes blanches en diagonale. Plus du tiers de la route et du pont pour rien ! C'est pas beau, ça ?

Et voilà que les pontes de la mobilité genevoise ont considéré qu'un giratoire s'imposait à cet endroit. Résultat, flux coupé. Un samedi après-midi de la fin du mois d'août, les voitures s'encolonnaient. Vous verrez comme ça va bouchonner ! Je n'ai pas peur d'avancer ici que, suivant les heures, le viaduc de l'Écu sera entièrement à l'arrêt dans le sens Pont Butin-Aéroport. Tout cela, dès demain lundi 26, sans doute. Alors qu'avant l'été nous circulions bien, là-bas.

En plus, dommage collatéral disons, une glissière étant posée maintenant alors que le trafic sera désormais à l'arrêt, les véhicules d'urgence circulant côté Salève seront bloqués aussi puisqu'il n'y a plus de place pour deux véhicules côte à côte. Je sais bien que bloquer les véhicules d'urgence ne gêne pas grand monde, au vu de la situation de la rue Lombard qui ne bouge pas malgré sa triste réalité. Mais chacun appréciera.

Ainsi donc, après quelques boulevards qui finissent depuis peu en cul-de-sac (Carl-Vogt et St-Georges), après la magnifique réorganisation des rues jouxtant le pont Wilsdorf, nous avons notre nouveau bouchon. Je ne sais pas si quelqu'un est content, heureux ou, peut-être même, fier de cela. Il en porte en tout cas une pesante responsabilité que je ne voudrais pas porter.

Moi qui peste contre les chauffards, les grosses cylindrées et les névrosés qui croient résoudre leur soucis de circulation en klaxonnant, ça, c'est pas loin de me dégoûter.

Héros du pont du Mont-Blanc : Oui, mais tout de même...

Ainsi donc, un homme s'est jeté dans le lac, l'autre nuit, depuis le pont du Mont-Blanc et a été sauvé par deux inconnus, des héros. Voix discordante, ma voix...

Résumons rapidement. Il marchait avec un ami quand soudain il décida de se jeter dans le lac. L'alcool et les pensées noires, selon l'article. L'ami tenta de le retenir, puis un autre passant accouru pour lui prêter main forte, mais sans succès, sa détermination était grande. Il tomba dans l'eau du lac qui prend déjà, à cet endroit, la direction et le courant du fleuve qui naît.

Un autre passant arrive et, avec le premier, ils sautent à l'eau à leur tour pour tenter de le sauver. Ils se font également emporter par le courant, doivent tous trois certainement batailler ferme de longues minutes pour ne pas se noyer mais arrivent finalement à s'agripper sous les arches du pont suivant, celui des Bergues. Où ils sont tous sauvés par les secouristes arrivés entre-temps sur les lieux.

La presse relate cet évènement, c'est bien normal. Dans l'espace des commentaires qui suit l'article, encensement généralisé mais parfois, aussi, crasse de la part de certaines personnes. En effet, depuis longtemps, j'ai plus que des doutes quant à certains commentaires que l'on peut lire aux pieds des articles, cette fois je ne laisse pas passer l'occasion. Mais tout d'abord, sur l'évènement en soi.

Bien entendu, je m'incline devant le geste de ces jeunes gens, bravo. Mais si quelqu'un se jette à l'eau devant vous, sauf à vouloir jauger votre niveau d'altruisme, il s'agit d'un suicide. Mettre sa vie en danger de façon immédiate pour sauver celle d'une personne qui aurait eu un accident, peut-être. Mais un inconnu qui fait ce geste volontaire? Appeler les secours, oui. Les diriger, courir sur la rive pour ne pas la perdre de vue, oui aussi. En ce qui me concerne, pas plus.

Venons-en maintenant aux commentaires. Bien entendu, les félicitations se comprennent. Mais voilà que j'ai lu des choses du genre : "Bravo pour ce civisme". Eh bien dites donc, si le civisme c'est prendre le risque de se noyer pour sauver un candidat au suicide... Puis, montons en puissance, "un geste fort dans une Genève qui..." et d'enchaîner avec tous les défauts du monde. On dira à ces charmantes personnes d'ouvrir les yeux et de ne pas tout voir en noir comme ça, c'est mauvais.

Et, pour terminer, mais là nous entrons dans la zone rouge : "Enfin des gens normaux à Genève !" Rien de moins que ça ! Donc, vous êtes normal si vous sautez dans un fleuve à minuit pour tenter de sauver un inconnu qui s'y est jeté ! Bref, des commentaires démontrant qu'il peut décidément circuler n'importe qui et n'importe quoi sur ces forums. Il était temps de le dire une fois, peut-être y reviendrai-je avec d'autres exemples que j'ai notés avec effarement, parfois plus, au fil du temps.

En ce qui concerne cette histoire, heureux qu'elle se soit bien terminée. Car n'oublions pas, suivant les humeurs du destin, c'est un, deux ou même trois morts qu'il aurait pu y avoir ce soir-là. Et, concernant le protagoniste principal, espérons qu'il ne recommence pas...

Le cas échéant, qu'on l'y laisse.

21/08/2013

Sinistre Zurich !

Longtemps je l'ai ressenti, pensé, soupesé. Zurich, à bien des égards, tu es sinistre! Voici pourquoi.

Sois sûre, je ne suis pas contre les villes, ni leur grandeur. Ni contre toi, la première, statut que Genève a longtemps eu et qu'elle n'aurait, selon moi, jamais dû perdre. Sois sûre aussi, je n'ai aucun complexe vis-à-vis de toi. Le hasard m'a fait naître dans l'une des villes les plus connues au monde alors que l'on m'a parlé de toi, en Espagne, comme étant "une banque" sans savoir que tu étais d'abord une ville. Tandis que Barack Obama voulait, lui, passer chez toi pour..."y skier".

Je ne vais pas trop m'étaler ici sur le fait que même si ta situation géographique est très similaire à ma ville (une fin de lac qui se mue en fleuve) et que ce coin là n'est pas vilain, tu peux m'en vouloir mais, je ne te trouve pas de charme ailleurs. Des quartiers sans âmes, un peu gris, des barrières à toutes les petites rues pour en empêcher l'accès, dans la plus pure tradition germanique. Moi, je n'aime pas. Mais l'important n'est pas là. Je te tiens de sacrées rancunes et je ne suis pas fier de toi.

Les rancunes, c'est pour Swissair et, surtout, "Unique". Certes, dans la défunte compagnie nationale il n'y avait pas que toi. Mais tout de même, le trend, les décisions, c'était Zurich. Et ton aéroport, "Unique", quelle prétention! Quel mépris! Après des années, tu t'es rendue compte de ton erreur et tu lui as changé le nom, et tant mieux. Moi, pendant ce temps, j'ai un sentiment de plaisir à chaque fois que, sur l'un des parkings de l'aéroport de Genève, je vois des plaques zurichoises...

Puis, l'autre grosse rancune, c'est d'avoir sali l'image de toute la Suisse il y a quelques années, quand des centaines de personnes étaient rassemblées, errant, titubant, à la recherche de leurs doses sur un terrain vague, au milieu d'un parc jonché de seringues et d'immondices. Dégoûtant, honteux. De ça, de ces images, on m'en a parlé partout dans mes voyages. Je sais que ton rapport à la drogue est bien différent que chez nous -l'aimerais-tu?-, mais ces images nous ont salis, tous.

Ensuite, ce n'est pas fini, tes égarements économiques. Tu sais, l'UBS, surtout, qui a failli entraîner le pays entier en faillite. Là aussi, il n'y a pas que toi dans l'affaire. Mais, comme pour Swissair, tout vient de chez toi. Dans un cas comme dans l'autre, il y a la Ville et le Canton comme actionnaires, non? Tout comme ta banque cantonale, désormais dans le collimateur américain. Nous sommes tous, là aussi, sacrément salis par tout cela. Et rajoutons les indécents 15% de rentabilité voulus pour les journaux suisses, les salaires à la Rega et d'autres choses, tout ça c'est toi, bien sûr.

Et puis maintenant, cette histoire avec Oprah Winfrey qui, à priori, n'a rien inventé puisque la boutique en question a présenté des excuses. Faire ça à une femme si élégante et resplendissante, comme seules les femmes Noires savent l'être, incroyable! Eh bien, moi, ça ne m'étonne pas. Tu n'es pas si ouverte. Tu n'es pas si internationale que tu veux bien le dire, je m'en suis souvent rendu compte. Et côté chaleur humaine...laissons vite.

Certes, je sais aussi que tu as fait des choses bien et que tu as raison de défendre tes intérêts. Je conclurai même en t'assurant que je serais aussi capable de te féliciter, te soutenir, si à nouveau tu te comportais comme tu as su te comporter parfois. Mais avec tout ça, tu es sinistre. Ou, pour laisser ce terme à l'assurance portant ton nom (laquelle d'ailleurs voulait mettre une bijouterie à la place de notre cher et toujours plein "Relais de l'entrecôte"), tu es moche.

Allez, disons vraiment pas bien belle, au minimum.

20/08/2013

Prier la pluie pour nettoyer Genève, et Lausanne...

J'aimerais mieux parler d'autres choses. Mais voilà, ce sera pour une autre fois.

J'ai déjà fait un billet sur la propreté de Genève, qui concernait plus les déchets et les papiers. Sincèrement, ce n'est pas le top, mais il me semble que cela va mieux, tout comme pour les déjections canines. Le nouveau magistrat semble appuyer plus encore les volontés du précédent, ne boudons pas notre plaisir ni les remerciements. Jamais l'anonymat ne me plait plus que pour cela.

Cette fois, la problématique est autre. En effet, je me rends souvent dans l'un des centres commerciaux de mon quartier, en empruntant la même rue. Il y a tout le long de grandes traces par terre. Qui parfois, sentent. Des petits ruissellements d'urine de chien, d'autres plus grands, probablement d'hommes pas tout à fait humains. Ou aux endroits de dépôts de sacs-poubelles qui coulent, devant beaucoup d'allées. D'autres choses également bref, de vilaines traces partout.

À supposer que quelqu'un des services de la Ville lise ces lignes, il s'agit du quartier de Plainpalais, rue Prévost-Martin, la zone la plus sale étant sur le bout du rue amenant au passage de la Tour. Mais ces lignes n'ont bien sûr pas pour objectif de rendre plus propre les rues du quartier où, pour l'instant, j'habite. C'est un problème beaucoup plus général, qui s'explique facilement.

Il fut un temps, l'on voyait souvent (ou en tout cas, régulièrement), les camions ou les machines laver à grande eau les routes et les trottoirs. Bien souvent, je m'écartais moi-même pour que le conducteur n'ait pas besoin d'arrêter les jets, ce qui toujours déclenchait une sympathique réaction. Eh bien, de tout cet été, j'ai le souvenir d'en avoir vu une seule. Obsession de l'économie de l'eau oblige, tout aura été réduit au strict minimum, j'en suis sûr. Moins que ça, nous aurions des problèmes d'hygiène.

Il y a longtemps, je fus surpris d'un règlement interdisant de laver les trottoirs et les rues de je ne sais plus quels mois de l'année, peut-être d'octobre à avril. Pour les risques de gel... Non seulement ce règlement est d'une rigidité stupide, mais si l'on prend en compte, en plus, le fait qu'il peut y avoir des périodes où il fait 10 ou 15 degrés pendant ces mois, il est complètement dépassé. Allez savoir ce qu'ils y ont rajouté pour les économies d'eau.

L'eau se respecte, bien entendu. Mais s'en priver à ce point, qui plus est dans le pays qui en est le château en Europe, non ! Suivant où, c'est vraiment sale. J'hésite à sortir, filmer le tout et le mettre en ligne. J'aurais assurément d'autres choses à faire mais j'hésite, vraiment. Et ça me fait honte. Ah oui c'est vrai ! La pluie est annoncée pour demain samedi.

Qu'elle soit longue et intense.

 

 

(Initialement, ce texte se référait à Genève. Ayant vu pire à Lausanne, je le décris dans le quatrième commentaire, et en profite pour l'inclure dans le titre).

07/08/2013

Je t'embrasse fort, mon beau bébé

Temps pluvieux. Larmes contenues, colère non. Et absolument rien à voir avec le "bébé royal". Voilà à mon avis un bébé dont on aurait dû plus parler. Qui donne une puissante leçon de vie à tout ceux pour qui tout va mal, alors qu'ils ont tout, la santé en premier.

Il y a peu, j'apprenais sur le site de Bluewin qu'un bébé américain était déjà, à son tout jeune âge, victime d'une leucémie. Ses parents, résolus à le voir partir, ont avancé la date de leur mariage pour l'avoir comme garçon d'honneur. Mais ce bébé n'est plus, il vient de partir. Il s'appelait Logan.

Bouleversé, impuissant et en colère contre la dureté de la vie, j'ai voulu pour la première fois laisser un commentaire sur leur site. Le voici : "Terrifiante, la dureté de la vie. Je t'embrasse fort, mon beau bébé". Le message n'a jamais été publié, censuré. Colère amplifiée. Je me réfugie donc ici.

Cela fait longtemps que je veux écrire quelques lignes sur la censure qui court dans l'espace commentaires de la presse, suisse semble-t-il plus qu'ailleurs. Nous y reviendrons. Mais dans le cas présent, pourquoi? Pourquoi un cri du coeur est-il effacé, mis à la poubelle? Ne me dites pas que vous avez peur, dès que quelqu'un veut embrasser un bébé? Sinon, je vais vous dire ce que je voudrais leur réserver, moi, à ceux qui leur font du mal. Honte à vous.

Certes, beaucoup de bébés partent ou souffrent, et pour beaucoup de causes. Là me revient en tête cette affreuse image d'un petit Irakien à qui les Américains, jamais à une horreur près, ont ouvert le ventre à la bayonnette, sans doute parce qu'ils n'étaient pas salopards au point de tirer. Il s'en est sorti. Et qu'est-ce qu'il était beau, même s'il portera toujours son énorme cicatrice. Lui, cela fait quelques temps, mais je ne l'ai pas oublié. Dans les deux cas, vie cruelle. Je leur dédie ces lignes.

Et je crois qu'il est temps que je laisse ce billet. Les yeux humides, à l'un, à l'autre, et à tous les autres qui ont souffert, je veux vous dire que je vous embrasse. Et fort.