22/07/2013

No interest, about your royal baby...

Quelques réflexions sur le matraquage médiatique pour ce bébé, les monarchies et, ne perdons pas l'occasion, sur le Royaume-Uni. Sans humour anglais, autant le dire tout de suite...

Alors que me tournaient en tête quelques lignes courroucées concernant l'omniprésence dans les médias de ce bébé pas encore né, j'en apprends l'arrivée. Dur de faire autrement. On nous a bassinés partout pendant des jours comme si c'était l'arrivée du Messie. Et vous verrez, cela va continuer avec la couleur des cheveux, des yeux, les ressemblances (ou pas) avec qui vous saurez sans doute, j'en passe et certainement des meilleures. Mais je veux exprimer ici l'opinion de ceux qui n'en n'ont absolument rien à faire, de ce bébé royal. Et ce, pour au moins deux raisons :

Tout d'abord, et par bonheur, nous ne sommes pas Anglais. Vous savez, ce pays du Nord de l'Europe que deux improbables dirigeants ont voulu relier au Continent par tunnel, mais qui fait depuis toujours les yeux doux, pour ne pas dire plus, à son grand frère d'Outre-Atlantique. Ce pays qui a l'un des passés les plus colonisateurs de l'Histoire récente, qui considère qu'il a sa place au Sud de l'Andalousie et à quelques miles des côtes argentines. Ce pays qui a envoyé ses bombes et ses soldats dans beaucoup d'endroits du monde. Ce pays guerrier comme je ne les aime pas.

Et également, pour prendre des images moins mortifères, ce pays qui ne fait rien comme les autres. Où j'ai eu vu des jeunes imbibés de bière à 18 heures et se bagarrer à 19. Pardonnez-moi mais c'est vrai, d'autres éructer et se moucher à table au repas du soir, généralement vers 18:30, heure à laquelle un vrai café m'irait indescriptiblement mieux. Et ce dans plusieurs des familles d'accueil que j'ai fréquentées, qui toutes d'ailleurs conjugaient accueillir à l'air du Nord.

Accessoirement, ce pays où l'on ferme les bars à l'heure où le reste de l'Europe commence à sortir. Où l'on m'a traité de "stupid idiot" parce que j'avais fait quelques pas dans l'enclos de la maison pour rejoindre la buanderie, à mes enthousiastes 18 ans, en training un dimanche. Ce pays où j'ai toujours senti les gens tristes et généralement hypocrites. Sentiments partagés par plusieurs de mes rencontres de diverses provenances du monde, Espagne et Corée du Sud pour les dernières.

Puis, par le fait que les monarchies commencent à révulser, partout. Même en Espagne, celle que jusque là j'arrivais à trouver sympathique, proche de son peuple et qui le lui rendait bien, est en passe d'être détestée. Partout sifflée, huée. Il faut dire qu'aller tuer de l'éléphant en Afrique, pendant que son peuple trime, c'est dévastateur dans l'opinion publique. N'est-ce pas, Don Juan Carlos?

Par bonheur aussi (l'on ne mesure pas toujours tous les bonheurs que l'on a à portée de main), nous ne l'avons pas en Suisse, la monarchie. Mais cela, c'est heureusement valable pour d'autres pays d'Europe, bien sûr. Pour le cas anglais, il y a un sacré cumul et le pire, c'est ce bébé qui va le vivre. Quant à nous, si l'on peut se réjouir d'une naissance, parfois il ne faut pas hésiter à tourner la tête.

No interest about your royal baby, at all.

13/07/2013

Quittons le WWF !

Ainsi que je l'annonçais dans mon billet précédent sur la Coalition des Naufrageurs, il est temps de dire deux ou trois choses sur cette association qui a considéré qu'il fallait porter le dossier de la plage des Eaux-Vives devant la justice, qui a estimé que le combat était d'une grande importance et qui, enfin, avait le temps et l'argent pour. Tant mieux pour elle. Mais elle va devoir aussi le payer.

Car n'oublions pas qu'il ne s'agissait pas de combattre une installation pétrolière, de gaz ou de je ne sais quoi d'autre. Pour ça, j'aurais même pu en être. Du tout. Juste une plage, votée par l'entièreté du parlement genevois, Verts compris, en plus. Des traitres, sans doute. Et que la population voulait, attendait, dont elle se réjouissait, même. C'était sans compter sur les rabat-joie de service. Je la vois encore, cette représentante du WWF expliquer à la RTS combien ces quelques centaines de mètres carrés seraient gênants sur ce lac. Lac de 581 kilomètres carrés, tout de même.

Dans un autre billet, je soulignais le plaisir que l'être humain peut avoir à compliquer la vie des autres. Ici, c'est plus fort encore, on en est au point d'empêcher de la leur rendre plus belle. Aucun membre de cette association ne peut être fier de ce résultat. S'ils doivent avoir un sentiment, c'est de la honte ou, à tout le moins, de la circonspection. Personnellement, je n'en fais pas partie. Sinon, j'en sortirais, assurément. J'invite les déçus à faire de même et d'arrêter de leur verser quoi que ce soit.

Il y a d'autres associations qui livrent des combats autrement plus utiles, forts, voire même vitaux comme, par exemple, Greenpeace contre la folie du largage des déchets nucléaires dans la mer. Ou d'autres contre cette cruauté humaine abjecte sur les animaux que sont la chasse aux bébés phoques ou les corridas, pour ne prendre que les exemples de mes premiers chocs lorsque, enfant, je commençai à réaliser avec effroi dans quoi j'étais arrivé. Donc oui, quittez le WWF, d'autres vous méritent, vous attendent. Sans état d'âme.

Et pour la plage sur le lac, filons à Vidy, Thonon ou Annecy. Sans mettre trop les gaz, malgré l'humeur...

02/07/2013

La Coalition des Naufrageurs

Cette appellation me tourne en tête depuis longtemps, mais c'est aujourd'hui que j'estime qu'elle devrait être partagée, le WWF venant de gagner le recours contre la plage des Eaux-Vives.

Ainsi donc, en ce tardif été 2013, au lieu de fêter l'arrivée d'une nouvelle plage à Genève, on apprend que cette association a gagné. En tant que tel, je la félicite. Mais ne vous fâchez pas, d'ici un prochain billet, probablement le prochain, elle va aussi ramasser. Conseiller de la quitter est justifié, et vite.

Certes, on a le droit d'être opposé à tout projet. Mais à Genève, il y a cette coalition, très hétéroclite, vaste, qui ressurgit chaque fois qu'elle peut. Extraordinairement égoïste. Elle a été puissamment à l'oeuvre contre le CEVA. Elle a été à l'oeuvre contre d'autres projets. Elle l'est concernant cette plage et tout indique qu'une autre pointe sur l'extension de la Gare Cornavin. Et ne parlons pas des constructions! En tout cas pas là, pas si large et, bien entendu, pas si haut. Ni des musées...

D'autres critiquent tout ce qu'ils peuvent. Rien ne va ou alors, il ne se passerait rien à Genève. Ni le soir quand au moins cinq ou six quartiers de la ville sont bondés de gens au point que la presse parle des problèmes des voisins, même les nuits à deux heures du matin durant l'un des mois de février le plus froid de l'histoire. Ni quand des centaines de milliers de personnes vont à la Fête de la musique, aux Fêtes de Genève, à la Lake Parade, sur La Plaine de Plainpalais le 31 décembre...Rien, vous dis-je!

Je n'oublie pas certains politiciens ou chroniqueurs qui n'en loupent pas une. Et en rajoutent, surtout. De même, certains commentaires dans les forums. À les entendre, à les lire, nous serions au même niveau que je ne sais quelle ville du pire des pays de ce monde. À un degré ou à un autre, tous nuisent. À cause d'eux, Genève patine, Genève perd, pourrait même couler. Nous avons nos propres fossoyeurs qui nous tirent vers le bas au lieu de viser le haut. D'autres, pas si loin, rient, jubilent.

Ça commence à bien faire, il faut réagir. Lui coller un nom me paraît déjà pertinent. Je le suggère et l'offre à quiconque voudra le reprendre : la Coalition des Naufrageurs.

01/07/2013

Devoir nous dire adieu ici, vraiment?

Je m'y étais fait, j'aimais, j'en étais même content. J'avais trouvé ma place dans ce monde bien turbulent pour réagir, commenter, proposer. Ici dans l'espace blogs Tribune.

Mais voilà, la Tribune m'informe que les blogs dont les noms et prénoms des titulaires ne figurent pas en toutes lettres ne sont plus désirés ici. Elle aura ses motifs que je ne puis seulement supposer. Mais j'aimerais réagir et prendre encore cet espace pour le dire.

L'anonymat pour insulter, pour moi c'est lâche. Je le préfère pour féliciter, par contre. Mais l'anonymat, il a du bon aussi. Il y a des personnes, dont je fais partie, qui n'ont pas envie ni besoin que leur nom soit public. Mais qui sont pleines d'idées ou de colères aussi, parfois. Et qui ont envie de les exprimer. Ou aussi, de simples anecdotes à raconter, pour informer, faire sourire. Sans que tout le monde, vos collègues, votre famille, soit au courant qu'il s'agit de vous...

Car voyez-vous, dans un monde idéal, il devrait être possible de tout dire sans en payer le prix. Mais on sait bien que ce monde idéal n'existe pas et que tout indique qu'il n'existera jamais. Donc, comment faire avancer les choses? Être le Chevalier téméraire? J'y réfléchis, mais il m'en coûte.

Comment faire si vous voulez informer le public de telle ou telle chose, dénoncer telle ou telle injustice ? Ou alors, si vous l'avez dénoncé déjà et que, désormais, de simples recherches sur internet vous en fassent payer le prix? Ou parler d'une maladie ou d'une pathologie si vous ne souhaitez pas que l'on sache que vous l'avez? Ou crier que vous avez été battu(e) dans votre enfance? Ce ne sont que des exemples, bien sûr.

Dans ces cas là, l'immense majorité des gens préfèrera se taire, fermera les yeux. Motus et bouche cousue. Torrents d'hypocrisie. Immobilisme.

Qu'en pensent d'ailleurs les journalistes qui ont sorti des infos incroyables grâce aux garanties d'anonymat qu'ils ont données à leurs informateurs? Vous en aviez les noms? Mais vous avez aussi nos noms! Le mien en tout cas. Et que penser alors de cet anonymat total dans les commentaires? Et enfin, de "Julie" qui publie ses chroniques depuis tant d'années, anonymement?

Moi, j'aimerais rester ici. Mais si ce n'est vraiment plus possible, je trouverai asile ailleurs, sous ce même nom, ou contraction de nom. J'ai trop de choses à dire, de billets qui tournent dans ma tête et qui attendent le moment où soudainement, ils écloront. Sur des sujets délicats aussi, dont on ne parle pas ou peu. Mais j'aimerais encore ouvrir le débat avec vous, lecteur ou lectrice qui me découvrez, ou me revenez, ou ne m'aimez pas, journaliste qui par hypothèse me liriez. Dites ici votre sentiment sur l'anonymat, s'il vous plaît.

Anonymement, si vous le souhaitez, vous le pouvez. Pour l'instant...