30/03/2013

Dépôt TPG à l'aéroport : A-t-on vraiment mesuré les risques?

Depuis que j'ai appris que l'on voulait construire un nouveau dépôt TPG proche de l'aéroport, il y a plus d'un an je crois, je n'arrive pas à réprimer certaines craintes. J'avais écrit ces lignes qui dormaient dans la catégorie des lignes non publiées. Mais, après ce qui s'est passé à Lyon avant-hier (un Airbus qui sort de la piste), je ne les retiens plus. Lorsque les évènements se rapprochent, l'on peut mieux réaliser les dangers. Le Brésil, c'était loin...

Peut-être le saviez-vous donc, le Parlement a donné son aval à l'étude puis à la construction d'un nouveau dépôt de tramways et de bus, le parc des véhicules augmentant exponentiellement et la place se faisant rare. Les dépôts de la Jonction et du Bachet ne suffisent plus, ce d'autant que le premier devrait laisser sa place, bientôt, à d'autres constructions plus en adéquation avec ce bel endroit qu'un dépôt d'autobus. D'ailleurs, par manque de place, ceux-ci sont actuellement parqués la nuit dans une enceinte extérieure avec tous les inconvénients que cela a. Le besoin est donc là.

Ce nouveau dépôt devrait prendre place sur la route de Meyrin, au lieu dit "En Chardon", à l'extrémité Ouest de la piste de l'aéroport. Et c'est à partir de là que les choses se gâtent. A-t-on imaginé un seul instant un avion qui sortirait de la piste au décollage? Ou alors, une erreur à l'approche? N'oublions pas que cela est déjà arrivé à Genève (côté Ferney pour le plus impressionnant d'entre eux) et que cela arrive régulièrement dans le monde, avec des conséquences diverses, souvent et fort heureusement que matérielles et d'énormes peurs mais, parfois aussi, beaucoup plus lourdes.

Hormis celles-ci et selon le nombre de bus et de tramways qui ne s'en sortiraient pas non plus, il y aurait en plus une gabegie immédiate à Genève, et pour longtemps. Imaginez plutôt, une partie des véhicules hors service! De plus, avec les réservoirs de carburant et tout le matériel d'entretien que tout dépôt se doit d'avoir, les conséquences peuvent être tellement imprévisibles qu'il faut bien que quelqu'un sorte du bois et crie, voire même brandisse le drapeau rouge...Et pour tout dire, j'ai même pensé au référendum. Au moins l'argument eût été soupesé. Mais s'il est bon, il serait encore temps.

Je comprends volontiers que ce terrain sous les avions soit facilement disponible et suppose qu'il coûte bien moins cher qu'ailleurs. Mais est-on réellement prêt à prendre un risque pareil? Y a-t-on seulement pensé? Voyez-vous, je serais déjà heureux d'apprendre que ce risque aurait été évalué, jaugé. Mais je n'ai rien entendu ni lu quoi que ce soit qui aille dans ce sens. Je souhaite bien entendu que jamais rien de similaire n'arrive, mais me voilà, au moins, débarrassé d'un certain poids, dussé-je être bizarrement considéré; celui de ne pas l'avoir écrit quelque part. Pour avertir.

S'il y a donc des travaux à entreprendre là-bas, c'est bien plutôt la couverture de la route de Meyrin qu'il faudrait faire. Ainsi, si par malheur un avion venait à se manquer, il ne chuterait au moins pas sur celle-ci. Mais surtout pas y construire un dépôt de bus!

 

(Image : Wikipédia "Accident Vol TAM 3054, Brésil")

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10/03/2013

Bien seul, je le dis quand même : Non, le résultat du vote sur les TPG n'est pas tout ce qu'on dit de lui!

Voilà qu'encore une fois je lis quelque part que le résultat du vote de l'initiative sur les prix des billets des TPG, dimanche passé, serait au mieux l'expression d'un mécontentement, au pire une défiance vis à vis de tout le monde. De la conseillère d'État en charge des transports, des TPG eux-même, bref...Et bien non, je ne suis pas d'accord! Je m'en voudrais même de ne pas avoir réagi plus tôt.

Ce vote pour moi n'était nullement une surprise. Je l'estimais entre 50 et 55% de oui et en avait parlé autour de moi. Car certes, il y a eu de gros problèmes lors du chamboulement du réseau, et d'aucuns pleurent toujours la réorganisation des lignes de tramways au profit de l'augmentation conséquente de l'offre sur les trois lignes principales. Mais ce n'est pas ça.

Je suis personnellement aussi utilisateur journalier des transports publics, et sur des trajets couvrant plus de la moitié du canton. Je ne fais donc pas partie de cette catégorie de gens franchement irritante qui critique les TPG sans jamais les utiliser. Lors du chamboulement, les chauffeurs stressés qui n'ont pas encore les nouveaux parcours en tête ou qui se trompent et réalisent leur bévue une fois que les perches sont tombées, j'ai connu. Je ne leur en ai jamais voulu et n'ai pas le souvenir que quelqu'autre passager autour de moi non plus. Des révolutions pareilles, justifiées ou non, ça ne se fait pas comme ça, il y a de quoi en laisser plus d'un courroucé. Cependant maintenant, sauf évènement ponctuel qui peut arriver partout, cela va bien.

Mais il faut prendre en compte aussi la capacité de certains politiciens à se profiler en dramatisant les situtations. J'ai entendu, par exemple, tel jeune politicien dire que Genève se mourait simplement parce que moins d'une trentaine de bars sur les 1'500, je ne sais plus, devraient fermer plus tôt. Je ne partage pas cette décision de fermeture anticipée mais l'on ne peut pas dire cela non plus. Ou tel autre, qui pourtant a des raisonnements habituellement censés et clairs, qui force tellement le trait sur l'évolution de l'insécurité à Genève que l'on se croirait je ne sais où. C'est la même chose pour les TPG. Ils parlent de "gabegie", de "démantelement" et j'en passe.

Qu'il y ait eu de la rancoeur, c'est bien probable. Que la conseillère d'État ne soit pas adorée par la population, malheureusement pour elle c'est bien possible aussi. Mais voilà. Le résultat du vote est principalement dû, tout simplement, au fait que l'on proposait une diminution des tarifs. Et, voyez-vous, suivant où ce scrutin avait eu lieu, dans une ville de France, de Suède ou d'Espagne par exemple, ce n'est pas 56% de oui que l'on aurait eu. Contents ou pas du réseau, contents ou pas de la personne en charge du ministère, c'est autour des 90% de oui qu'il fallait compter.

En fin de compte, la seule surprise pour ce vote à Genève est que le "oui" ne fût pas plus élevé...

01/03/2013

Les directions des télévisions regardent-elles leurs journaux télévisés?

Cela fait longtemps que je sais que dans notre pays, à de rares et agréables exceptions près, les journalistes n'ont pas à coeur de parler le meilleur français du monde ou ont tendance à se répéter. Mais on ne peut tout de même pas tout laisser passer sans réagir...

Sur la chaîne régionale genevoise Léman Bleu, l'un des présentateurs habituels bafouille régulièrement. Cela ne lui enlève rien d'une sympathie et compétence certaine. Mais tout de même. Lorsque, probablement à force de vouloir parler le plus vite possible, l'on enchaîne les erreurs, les cafouillages, les "euh..." et autres excuses, c'en devient insupportable pour le téléspectateur.

Dirigeons-nous maintenant vers la grande soeur. Une présentatrice des journaux de cette chaîne trébuche elle aussi à tout bout de champ, et depuis longtemps. Visionnez les titres du journal de 12h45 du 1er mars 2013 et vous en aurez un bel échantillon. Je m'en excuse auprès d'elle si, par impossible, elle devait lire ce billet, mais je dois dire que c'est à ce moment là que j'ai considéré que je ferais mieux d'éteindre ma télé et de me mettre à écrire ces quelques lignes.

Entendons-nous bien, même si j'ai personnellement beaucoup de réserves sur la télévision en général, il n'en reste pas moins que ces deux chaînes font partie de celles que j'aime bien, voire que je recommanderais. Leurs équipes font de la télé mille fois mieux que je ne la ferais moi. Mais leurs directions seraient bien inspirées de s'empresser de rehausser le niveau d'élocution. Pour ne pas perdre des téléspectateurs. Et, accessoirement, élever leur niveau et celui de la société en général.

Car si l'on demande un bon niveau de français pour n'importe quel poste administratif de n'importe quel bureau, l'on peut exiger la même chose -au moins- pour présenter des journaux télévisés, non?