09/02/2013

Fermeture de (certains) bars à minuit : Dégats d'image assurés.

La grande nouvelle de cette semaine finissante est donc que l'État a décidé de ne plus octroyer de prolongations d'horaire à certains bars de certains quartiers. Avant d'entrer dans le vif du sujet, je veux souligner ici que certains titres de presse étaient inexacts voire trompeurs; tous ceux qui proclamaient que les bars fermeraient désormais à minuit à Genève. Non. Moins d'une trentaine de bars devraient le faire. Les 1'200 autres peuvent continuer comme avant.

Tout d'abord, cette décision vient indiscutablement du fait qu'il peut y avoir beaucoup de bruit dans certains coins sacrément animés de Genève. C'est bien la preuve que tous ceux qui disent qu'il ne se passe rien à Genève sont décidément complètement à côté de la plaque, ce que je dis depuis longtemps. Car oui, il y a plein de bars et cafés sympas. Et, excusez, pas contenus dans un petit périmètre central comme dans d'autres villes qui se veulent branchées. Sur plusieurs quartiers.

Prenez les Eaux-Vives, les Pâquis, Plainpalais (et à trois endroits du quartier, en plus), la Vielle-Ville, Carouge et vous avez là un nombre de cafés et bars branchés et sympas impressionnant. Et d'autres ailleurs. Mais voilà, tout ça, ça fait du monde et du bruit. Rajoutez-y l'élégance et l'altruisme bien connus des hommes alcoolisés et une loi anti-fumée et voilà, le clash. Les voisins sont dérangés.

Ces fêtards qui chantent, hurlent ou pire encore, je les déteste. J'ai un grand historique de sortie,  mais l'on ne m'a jamais entendu. Cependant, je ne voudrais pas non plus que les gens s'imaginent qu'ils ont partout en ville le droit de dormir tranquillement les fenêtres ouvertes. Non. D'autres personnes souffrent d'autres bruits, souvent 24h/24 et 365 jours par an. La seule manière pour elles de dormir, c'est les tampons auriculaires bien enfoncés et toutes fenêtres fermées, même par nuit tropicale. Une ville devant vivre, je ne voudrais pas que l'on ose se plaindre si l'on en est pas là.

Mais cette décision peut avoir des conséquences très lourdes pour notre ville. Qu'elle soit confirmée ou non, combien de personnes resteront avec l'idée que, désormais, les bars à Genève ferment à minuit? Que si, comme mes amis et moi, elles finissent de dîner plutôt à 22 heures, il ne vaudrait plus vraiment la peine de sortir? Quelle image donnons-nous? Va-t-on arriver comme dans le commerce de détail avec sa floppée d'horaires en fonction des jours et des succursales et que, ne sachant pas à quelle heure cela va fermer, il vaut tout simplement mieux de ne pas s'y rendre?

Genève, prends garde! Il y a parfois des décisions, des signaux qui font des ravages. Ta propreté n'est plus la même. Ta sécurité non plus. N'y rajoute pas cela. Et pense à ta jeunesse, bon sang!

Commentaires

Vous avez raison de rappeler que la cause des nuisances sonores se situe en amont: elle est la conséquence toxique directe de la guerre anti-fumeurs. Ostracisés, stigmatisés comme des parias, chassés sur les trottoirs, ces consommateurs d'un produit (encore) légal en seraient-ils réduits à ne plus fréquenter que les (rares) fumoirs indignes encore à leur disposition ? Ils représentent pourtant encore 30 % de la population adulte.

Cet effet secondaire toxique de la Loi de Néo-Prohibition - la pire de Suisse - est le fait de "purificateurs" tels que Rielle & Consorts, gaspillant chaque année CHF 1'000'000.- en publicité hygiéniste ruineuse, chaotique et inefficace. Payée par le contribuable genevois pour accréditer le mythe alarmiste de la prétendue "fumée passive létale", concept purificateur inventé et mis en oeuvre sous le IIIe Reich.

Plusieurs députés (MCG, UDC, Lib. rad. avaient mis en garde le Grand Conseil il y a cinq ans déjà sur la nuisance de "grappes de fumeurs agglutinés" sur la terrasse des cafés... La majorité n'a pas perçu le danger de la discorde urbaine généralisée découlant de la loi genevoise anti-fumeeurs (la pire de Suisse).

Le taux de mortalité en Suisse n'a pas varié d'un iota depuis l'application de cette loi hygiéniste qui sert surtout d'instrument de contrôle social.

Le problème est donc loin d'être résolu.

jaw
http://www.lesdissidentsdegeneve.ch
http://humoresques.blog.tdg.ch

Écrit par : jaw | 11/02/2013

@ Jaw :

Oui c'est une des causes, une autre étant que le niveau général d'éducation et de respect est en chute libre. Mais pour revenir à la fumée, j'ai voté non aux interdictions. Un peu pour que les oui fussent moins percutants, et pour éviter ces problèmes de bruit, si logiques.

Car, selon moi, fumer ne peut pas être bon pour la santé mais doit demeurer une liberté personnelle. Cependant, les 30% de fumeurs pouvaient à eux seuls enfumer les 100% des bars et restaurants, ça n'allait pas non plus, reconnaissons-le.

Cela dit, les votes pour l'interdiction ont été clairs...et ils ont même dépassé la proportion de fumeurs. Mais vous aurez mon soutien le jour où il s'agira de revenir à plus de souplesse.

Écrit par : Danijol | 12/02/2013

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